Macro-économie / Taux / Chine / Etats-Unis / Investissements / Dette obligataire / Guerre commerciale
Macro-économie / Taux
Chine / Etats-Unis / Investissements / Dette obligataire / Guerre commerciale
Les Chinois vendent (encore) de la dette américaine
Faute de trouver un accord, les tensions sino-américaines s’intensifient depuis le début de l’année. Le Trésor américain a révélé aujourd'hui que les investissements chinois en direction des États-Unis atteignent leur plus bas niveau depuis deux ans. Et l'Empire du Milieu, qui avait déjà vendu en mars dernier 20,45 milliards de dollars de Treasuries - soit un montant record depuis octobre 2016 - a continué d'alléger son portefeuille en se délestant de 6,5 milliards de dollars d'obligations américaines au mois d'avril. Ainsi, l’encours obligataire américain détenu par les Chinois ne s’élève plus qu’à 1.113 milliards de dollars. Depuis le début de la guerre commerciale en juillet 2018, la part des bons du Trésor américain rapportée au PIB chinois est passée de 9 % à moins de 8,5 %. Cette tendance de fond se poursuit même si l’utilisation de la dette comme moyen de pression contre Donald Trump semble peu crédible. De fait, il n’existe dans le monde aucun autre actif capable d’absorber l’ensemble des réserves de liquidité chinoises et d’en assurer la rentabilité.
Rien de très inquiétant côté américain, puisque la situation des Etats-Unis s'est même améliorée en avril et le pays affiche une balance à nouveau positive sur les flux de capitaux investis à long terme, à 40,8 milliards de dollars contre un déficit de 38,3 milliards de dollars le mois précédent, selon les chiffres du Trésor américain publiés ce jour. Le Président américain bénéficie en grande partie de l'incertitude qu'il crée sur les marchés mondiaux. Car l’aversion pour le risque des investisseurs les incite à s’orienter vers les valeurs refuges et les actifs peu risqués. Et à ce jeu, les titres de dette américains remplissent parfaitement le contrat puisqu'ils offrent un rendement à 10 ans de 2,06 % ce matin, et garantissent une probabilité de défaut proche de zéro.
Sur le sujet des obligations souveraines en tout cas, le pays a tout intérêt à entretenir un climat politico-économique incertain, qui lui est grandement profitable. Car tout regain de confiance en l’économie mondiale inciterait les investisseurs à s’orienter vers des économies émergentes, dont la promesse de rendement est nettement supérieure.
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