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La richesse mondiale se rit de la pandémie

En revanche, l’écart entre les pays riches et les autres s’est accru, après de nombreuses années de réduction.
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L’idée peut surprendre, lorsque l’on voit l’évolution des chiffres du chômage et de l’activité économique à travers le monde : les actifs financiers mondiaux ont continué à progresser pendant la crise sanitaire. Mais c’est notamment par un effet induit : l’épargne forcée des ménages constituée pendant les mois de confinement.

Selon le rapport annuel Allianz Global Wealth, paru la semaine dernière, la valeur des actifs financiers (hors immobilier donc) bruts dans le monde a progressé de 1,5%, pour atteindre 195 000 milliards d’euros au 30 juin 2020. Une (légère) croissance qui s’explique par la hausse de 7% des dépôts bancaires par rapport au 31 décembre 2019, alimentée par les diverses mesures de soutien publiques (comme aux Etats-Unis) et l’épargne de précaution. Elle a plus que compensé la chute des marchés actions pendant le confinement, en particulier en Europe.

Cette évolution s’appuie sur une tendance déjà extrêmement favorable en 2019 : la richesse financière avait bondi de 9,7% à 192 000 milliards d’euros – soit un nouveau record absolu et leur plus forte hausse depuis 2005, selon le recensement d’Allianz, qui recoupe les liquidités et les dépôts bancaires, les créances de compagnies d’assurances et d’institutions de retraite, les titres (actions, obligations et parts de fonds d’investissement) et les autres créances. "Cette augmentation est d’autant plus remarquable que l’année 2019 a été marquée par des mouvements sociaux, l’escalade des conflits commerciaux et une récession industrielle. Mais, après la volte-face des banques centrales qui se sont engagées dans un vaste assouplissement monétaire, les marchés d’actions, décorrélés des fondamentaux, ont gagné 25%, entraînant dans leur sillage les actifs financiers", rappellent les rédacteurs de l’étude.

Mais, ce depuis trois ans maintenant, cette croissance n’a pas bénéficié à la réduction de l’écart entre les pays riches et les autres. Entre 2000 et 2016, le rapport moyen des actifs financiers nets entre économies avancées et émergentes est passé de 87 à 19 fois. Depuis, il augmente lentement mais sûrement. En 2019, soit avant l’éclatement de la pandémie, il était remonté à 22 fois. Une conjonction de deux facteurs a abouti à ce résultat : "L’Inde et la Chine ont connu une croissance beaucoup moins entraînante en termes d’ascension patrimoniale, tandis que les Etats-Unis ont connu une croissance de son niveau de richesse", explique Ludovic Subran, directeur de la recherche économique chez Allianz. L’année dernière a été en effet particulièrement difficile pour la croissance chinoise. La tendance coïncide également avec le ralentissement des échanges internationaux, visible depuis l'élection du président américain Donald Trump et la montée des protectionnismes. 

Ce retournement risque de se prolonger : les conséquences économiques des mesures de confinement ont été particulièrement dévastatrices dans les pays émergents, dont une part importante repose sur l’économie informelle, détruisant l’épargne de ménages qui auraient eu vocation à accéder à la classe moyenne. A l’inverse, la croissance des actifs aux Etats-Unis s’est poursuivie au premier semestre dernier, en dépit de la crise. D’une part grâce aux mesures de soutien aux chômeurs (certains ménages ont vu leurs revenus augmenter pendant le confinement, alimentant l’épargne de précaution et les placements financiers) et à un redressement plus rapide qu’en Europe du marché actions.

"La pandémie va très probablement encore accentuer les inégalités", commente ainsi Patricia Pelayo-Romero, experte de l’assurance et du patrimoine chez Allianz et coauteure du rapport. L’assureur estime que la hausse des actifs financiers mondiaux se poursuivra sur l’ensemble de 2020, pour atteindre 198 000 milliards d’euros en fin d’année, soit une hausse (modeste) de 1,5%.

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