Entreprises / Actions / Compagnie aérienne
Entreprises / Actions
Compagnie aérienne
Les compagnies aériennes risquent le crash par manque de liquidités
Il y a moins de 10 jours, l’Association du transport aérien international (IATA) s’inquiétait déjà du ralentissement de la reprise du trafic aérien. Et, chose normale, manque de trafic rime nécessairement avec difficultés financières dans ce secteur. C’est donc désormais sur la situation de liquidité que l’association pousse un cri d’alarme. Selon ses chiffres, l’industrie aérienne va brûler 77 milliards de dollars de cash durant les six derniers mois de l’année 2020. Pour Brian Pearce, économiste en chef de l’IATA, "13 milliards de dollars par mois sur le deuxième semestre, c’est toujours mieux que les 17 milliards du deuxième trimestre. Mais cela continue à réduire les soldes de trésorerie et d’actifs liquides dont les compagnies aériennes disposent pour survivre à la crise". D’autant plus que le secteur rencontre des difficultés importantes pour réduire certains coûts comme le prouve le deuxième trimestre. Durant celui-ci, les revenus des compagnies aériennes ont diminué de près de 80 % alors que, dans le même temps, ses coûts baissaient seulement de 50 %. À tel point que l’économiste prévient : "la compagnie aérienne moyenne dispose d'environ 8,5 mois de liquidités au rythme de l'érosion des liquidités que nous prévoyons pour le second semestre de cette année "
De ce constat, l’IATA en tire un message clair exprimé par son président-directeur général Alexandre de Juniac, "il faut un soutien gouvernemental pour l’ensemble du secteur. La crise s’est répercutée dans toute la chaine de valeur des voyages, incluant nos aéroports et nos partenaires des infrastructures de navigation qui dépendent des niveaux de trafic d’avant la crise pour maintenir leurs activités." D’autant plus que l’association souligne qu’ "historiquement, les fonds générés durant la haute saison d’été aidaient les compagnies aériennes à traverser les mois d’hiver" Or, aux conséquences de la pandémie vient s’ajouter la fin de ces programmes d’aides (qui ont représentés 160 milliards de dollars au niveau mondial), notamment ceux de prise en charge des salaires, par des dispositifs d’activité partielle, ou de subventions. Ce qui fait réaffirmer à Alexandre de Juniac : " il est temps de demander au gouvernement de nouvelles mesures pour soutenir le secteur ".
La reprise dans ce secteur s’annonce essentielle pour un retour vers des indicateurs d’avant-crise. L’industrie aérienne représente plus de 4,8 millions d’emplois directs et, selon ses calculs, plus de 46 millions d’emplois indirects et des activités économiques de 1 800 milliards de dollars. Pour le moment, l’IATA estime qu’en 2021 le secteur continuera à "épuiser ses réserves de trésorerie au rythme de 6 milliards de dollars par mois ". Un flux monétaire positif n’est pas attendu avant 2022, une date qui paraît loin pour les compagnies aériennes.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

