Macro-économie / Taux / PME / TPE / coronavirus / Bpifrance
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Les PME/TPE ne savent pas sur quel pied danser
Le premier confinement avait assombri le paysage des PME/TPE françaises. Le deuxième n’est pas différent. Sans surprise donc, 79 % des dirigeants interrogés lors du dernier baromètre Trésorerie, Investissement et Croissance des PME/TPE au quatrième trimestre 2020 réalisé par Bpifrance Le Lab et Rexecode estiment que la Covid-19 va affecter leur chiffre d’affaires annuel. C’est 4 points de moins qu’au trimestre précédent. Mais la part de ceux qui envisagent désormais un retour rapide de leur activité à la normale est dans le même temps en baisse par rapport au trimestre précédent de 50 % à 43 %. Surtout, 53 % des chefs d’entreprises interrogés anticipent un "retour difficile de leur activité vers un niveau normal ", un pourcentage qui empire de 6 points par rapport à septembre. "Le principal frein à l’activité est, à nouveau et sans surprise au regard du contexte sanitaire, les perspectives de demande dégradées, selon 60 % des chefs d’entreprise", précise alors l’enquête. Une véritable révolution car, même si les vaccins semblent en bonne voie pour être commercialisé au cours de l’année prochaine, les discours politiques axent encore l’idée de s’habituer à vivre avec le virus. Or, c’était depuis le début de ces enquêtes presque systématiquement les difficultés de recrutement (désormais deuxième avec 35 %) qui expliquaient les freins à la croissance des PME/TPE.
Pour autant, cette fois-ci, les chefs d’entreprise sont mieux préparés et n’ont pas attendu ce deuxième coup d’arrêt pour lancer des changements stratégiques qui leur permettent de survivre à cette période. Ils adaptent leur façon de produire avec 49 % des investissements dédiés à l’introduction de nouveaux produits et services, en nette progression comparée à un an auparavant (37 % fin 2019). En termes de stratégie financière, les changements opérés illustrent aussi la volonté de se maintenir à flot : les dirigeants considèrent comme prioritaire la réduction de leur endettement à court et moyen termes et le renforcement de leur niveau de liquidité. La crise actuelle met aussi en avant l’importance de la transformation digitale des entreprises de l’Hexagone. 50 % des dirigeants ont commencé une démarche de digitalisation de leur entreprise, principalement afin d’améliorer leur relation client selon le baromètre BpiFrance. Cette accélération pourrait permettre à la France de rattraper son retard par rapport à ses voisins. La France se situe au 15e rang européen concernant la numérisation de ses PME, et au 21e rang concernant la part des ventes en lignes réalisées par les petites entreprises.
Des trésoreries qui se dégradent, des investissements globalement en baisse
Du côté de la trésorerie, la situation se dégrade un peu par rapport au trimestre précédent, puisque la part des PME/TPE qui estiment que le niveau de la trésorerie de leur entreprise est suffisant pour pouvoir surmonter la crise passe de 55 % à 50 %. Ils ne sont toutefois plus que 5 % à rencontrer des situations de trésorerie qu’ils jugent insurmontables, alors que ce chiffre atteignait 9 % lors du dernier trimestre. Cela n’est pas sans conséquence sur la stratégie financière : "les chefs d’entreprises interrogés privilégieraient une stratégie financière à court et moyen terme visant à réduire le niveau de leur endettement (selon 47 % d’entre eux) et à renforcer le niveau de liquidité de leur entreprise (45 %)" rapporte ainsi l’étude.
Ce qui, nécessairement, se traduit dans les investissements. Parmi les entreprises qui avaient des projets d’investissement avant la crise, 59 % comptent les reporter (35 %) ou les annuler (24 %). Et les 74 % des entreprises qui avaient des projets d’embauche avant la crise sont aussi confrontées aux mauvaises perspectives. Ainsi, seuls 48 % envisagent de les maintenir. "Cette proportion est en forte baisse par rapport à notre enquête de septembre (58 % alors). Cela provient surtout des annulations. En effet, 30 % les ont reportés et 22 % les ont annulés. Ils n’étaient que 13 % dans ce dernier cas en septembre", précise l’enquête.
En somme, comme le reste de l’économie, les PME/TPE attendent un vaccin pour voir leurs perspectives de demande s’améliorer et relancer la machine de l’investissement et des embauches.
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