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Vallourec, restructuration

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Vallourec devra insister pour retrouver la confiance du marché

Le groupe, frappé de plein fouet par la chute des prix du pétrole et la crise sanitaire, prévoit de convertir un peu plus de la moitié de sa dette en capital et a annoncé de nouvelles suppressions de postes.
Vallourec
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Les résultats du troisième trimestre publiés hier par Vallourec ont beau être moins mauvais qu'attendu, l'essentiel n'est pas là : tous les yeux sont rivés sur sa restructuration financière et stratégique.

Le spécialiste des tubes en acier sans soudure a en effet confirmé mardi soir qu'il projetait de convertir "un peu plus de la moitié" de sa dette en capital, dans le cadre des négociations avec ses créanciers formalisées par la procédure de mandat ad hoc ouverte fin septembre. Édouard Guinotte, le président du directoire, a précisé en conférence de presse hier soir qu'il souhaitait parvenir à un accord "le plus vite possible", en tout état de cause avant février 2021, date des premières échéances de remboursement. Des nouvelles qui faisaient chuter l'action de 9,6% peu avant 16h aujourd'hui (à 20,22 euros).

Son activité est plombée par la chute des cours du pétrole et que les clients du secteur des hydrocarbures représentent 62% du chiffre d'affaires consolidé au troisième trimestre : ses 3,5 milliards d'euros d'endettement brut au 30 septembre (dont… 1,7 milliard arrivant à échéance dès février) représentent un fardeau insupportable, d'autant plus que Vallourec a renoncé à son projet d'augmentation de capital de 800 millions d'euros face à l'effondrement des prix du pétrole et du marché actions du fait des tensions russo-saoudienne et de la crise sanitaire.

Ce montant se décompose à parité entre une dette bancaire et une dette obligataire. Les efforts de restructuration (et de conversion) porteront autant sur une partie que l'autre. "Notre objectif est de réduire le montant de dette, de doter Vallourec d'un bilan solide, avec des frais financiers acceptables pour être capable d'aller se refinancer dans des conditions favorables sur les marchés" lorsque la situation se sera stabilisée, indique Olivier Mallet, directeur financier et juridique du groupe. Dans cette optique, il discute "avec l'ensemble des créanciers, quelle que soit leur nature".

Étant donné la capitalisation boursière de Vallourec (232 millions d'euros), les négociations devraient aboutir à une prise de contrôle des créanciers. Ses principaux actionnaires actuels sont Bpifrance et le japonais Nippon Steel (tous deux à hauteur de 15%), qui discutent également avec le conseil de surveillance et les dirigeants du groupe.

Mais restructurer le bilan ne suffira pas si le groupe continue à perdre de l'argent et Vallourec peine à trouver un modèle alternatif depuis que les cours du pétrole n'ont jamais retrouvé leur niveau depuis 2014. C'est pourquoi, tout en confirmant son objectif de 130 millions d'euros d'économies brutes en 2020, Vallourec a annoncé hier 1.050 suppressions de postes pour ajuster ses coûts variables à la baisse d'activité : 350 concernent la France, 200 l'Allemagne et 500 le Brésil. En février 2019, des suppressions avaient déjà été annoncées dans ces deux derniers pays, dont 600 outre-Rhin. Et avant cela, le groupe avait réduit ses effectifs de 24% depuis 2014, tout en réalisant une augmentation de capital d'un milliard d'euros en 2016…

"Nous restons fortement exposés au pétrole à court terme car notre outil ne se prêt pas à des changements de position rapide. En revanche, nous pourrons bénéficier d'opportunités dans la transition énergétique pour gérer de nouveaux flux de revenus, dans la géothermie, l'éolien offshore fixe, l'hydrogène et la captation de CO2. Mais dans les deux derniers domaines, le développement fort et le flux de revenus ne sont pas attendus avant plusieurs années", a résumé Édouard Guinotte. D'où la nécessité pour le groupe de maîtriser ses coûts et ses investissements, limités à 160 millions d'euros.

Au troisième trimestre, Vallourec a enregistré une perte nette part du groupe de 69 millions d'euros (contre -60 millions un an plus tôt, portant la perte à 636 millions sur neuf mois), un résultat brut d'exploitation de 71 millions (-15,5%), un chiffre d'affaires de 716 millions (-32,5%) et un cash-flow disponible de 35 millions (contre 26 millions). Des niveaux meilleurs que le consensus d'analystes. Le groupe a également confirmé son objectif de générer un flux de trésorerie disponible positif au second semestre.

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