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Politique économique / Devises / Taux de change

Politique économique
Devises / Taux de change

Le dollar au tapis

Le billet vert a atteint un plus bas de deux ans et demi contre un panier de réserves mondiales, dans un contexte de regain d'appétit pour le risque, suscité par les annonces sur les vaccins. Mais la faiblesse du dollar devrait perdurer l'an prochain.
euros -livres - illustration
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Le billet vert poursuit sa dégringolade générale : l'indice DIY (panier de six devises contre le dollar, dont l'euro, le yen, la livre, le franc suisse, le dollar canadien et la couronne canadienne) a baissé de 6 % depuis le début de l'été et de 8 % depuis le début du mois d'avril, tandis que le dollar seul a perdu près de 10 % contre la monnaie unique depuis son point haut de mars. L'euro s'échangeait ainsi ce matin autour de 1,19 contre 1,07 fin mars.

La baisse du billet vert ces dernières semaines s'explique en grande partie par le regain d'appétit pour le risque des investisseurs, avec les annonces des différents laboratoires concernant la très probable mise sur le marché de vaccins ; ces déclarations ont en partie mis fin à l'incertitude économique de moyen terme et incité les investisseurs à se tourner vers les actifs plus rémunérateurs, au détriment du billet vert et d'autres valeurs considérées comme "refuge". Le rendement des obligations américaines à dix ans a d'ailleurs également progressé de 3 points de base, de même que celui du Bund, autre actif considéré comme "sûr" par les marchés. "La dépréciation du dollar résulte de l'amélioration de la croissance globale", expliquent les équipes de Natixis dans une note sur le sujet. "Le dollar est en effet une devise contra cyclique qui corrige quand la croissance globale s'améliore", poursuit Natixis.

 

La Fed responsable de la faiblesse du dollar

 

Mais la faiblesse du billet vert est aussi la conséquence de la politique monétaire menée par la Fed depuis le début de la pandémie : "la baisse significative des taux directeurs de la Fed ainsi que des taux longs américains à la suite des achats de Treasuries massifs par la Fed ont rendu le dollar moins attractif", poursuivent les stratégistes de Natixis. La Réserve américaine a par ailleurs annoncé qu'elle maintiendrait ses taux Fed Funds inchangés au moins jusqu'au début de l'année 2024 et modifié son objectif d'inflation. Désormais, les prix pourront repasser au-dessus de 2 % sans pour autant que la Fed ne décide de resserrer les taux, afin de consolider la croissance et l'emploi. Toutes ces déclarations ont également contribué à peser sur le dollar depuis l'été et ce nouvel environnement de taux durablement bas devrait maintenir le billet vert sous pression ces prochaines années.

Autre élément d'explication, plus inquiétant cette fois, la détérioration durable des comptes publics américains : le plan de relance actuellement débattu devrait continuer de creuser le déficit l'an prochain, et les suivantes, si la nouvelle administration continue de soutenir l'économie par de vastes dépenses, comme elle s'y est engagée. "L'aggravation des comptes courants américains va se traduire par un ajustement du dollar pour rendre les actifs américains plus attractifs", explique ainsi Natixis.

L'euro/dollar devrait donc continuer de s'apprécier l'an prochain, sans pour autant que cela inquiète la BCE, comme les différents gouverneurs l'ont déclaré ces dernières semaines. Selon les équipes de Capital Economics, l'euro/dollar devrait ainsi terminer l'année 2021 autour de 1,25 (contre une précédente estimation de 1,21) et à 1,30 fin 2022 (contre une prévision initiale de 1,20). Une hausse liée à la fois aux éléments cités concernant la faiblesse durable du dollar. Mais également liée au renforcement de la monnaie unique : "la réponse coordonnée des États européens à la crise de la Covid a dissous les craintes d'un éclatement de la zone euro, et renforcé du même coup la monnaie unique", explique ainsi Jonathan Petersen, de Capital Economics. Par ailleurs, l'écart entre les taux d'intérêt réels américains et européens devrait continuer de se creuser. Car si la BCE comme la Fed maintiennent leurs taux bas pendant longtemps, l'inflation devrait repartir plus rapidement côté américain. Enfin, le consensus augure d'une reprise européenne plus forte qu'aux États-Unis, ce qui contribuera à consolider la monnaie unique l'an prochain.

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