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M&A, fusions-acquisitions

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M&A / Fusions & Acquisitions

Le M&A sera à la fête en 2020

Le mois de novembre a confirmé le dynamisme des entreprises dans les opérations de rapprochement depuis le début du second semestre. Et décembre promet d'être à l'avenant.
Poignee de mains
Poignee de mains

Cette semaine, entre lundi et mercredi, deux transactions géantes ont secoué le monde des affaires : l'acquisition d'IHS Markit par S&P Global, dans l'information financière, pour 45 milliards de dollars, et celle de la plate-forme de messagerie Slack par Salesforce.com, pour près de 28 milliards. La première est le deal le plus important de l'année 2020 à date et la seconde atteint la neuvième place.

Certes, ces deux opérations concernent essentiellement les Etats-Unis, marché qui reste toujours très dynamique en terme de fusions-acquisitions. Mais elles sont néanmoins le signe que la crise sanitaire, qui a gelé de nombreux dossiers pendant le confinement (entre les mois de mars et juin essentiellement), n'aura finalement pas eu d'effet à long terme en termes d'activité : à l'échelle de l'année entière, on s'oriente vers un millésime 2020 tout-à-fait solide dans le M&A.

Novembre - en attendant décembre qui sera également d'un niveau élevé étant donné la transaction de Slack - a logiquement confirmé cette tendance, puisqu'il comptabilise l'opération S&P / IHS Markit. Selon la recension effectuée par l'agrégateur d'informations financières Refinitiv, le montant cumulé des opérations annoncées le mois dernier (345,5 milliards de dollars) montre une progression de 13% par rapport à l'année dernière. Même s'il est assez nettement inférieur - de 20% - aux statistiques d'octobre (qui ont notamment vu le californien AMD acquérir son compatriote Xilinx pour 36 milliards de dollars), il s'agit du meilleur mois de novembre depuis 2015. Pas négligeable pour une période marquée par le deuxième confinement en Europe…

Mieux encore, les statistiques de novembre alimentent un second semestre exceptionnel : avec 1.900 milliards de dollars de deals, la période allant du 1er juillet au 30 novembre est la plus dynamique que Refinitiv ait jamais enregistré depuis qu'il comptabilise les fusions-acquisitions, c'est-à-dire depuis les années…1970. IHS Markit étant immatriculé au Royaume-Uni, l'Europe a cumulé comme rarement les opérations de M&A - un tel montant n'avait pas été atteint depuis 1999.

L'activité du secteur des technologies et des fonds atteint des sommets

Evidemment, le secteur de la technologie s'est taillé la part du lion (98 milliards de dollars), réalisant le troisième meilleur mois de son histoire après octobre 2015 et mars 2000. Il reste, dans le M&A aussi, le grand gagnant de la crise sanitaire en cumulant 578 milliards de dollars d'opérations depuis le début de l'année, en hausse de 39% sur un an et représentant 18% du total (contre 12% un an plus tôt). Soit un record absolu tant en montant qu'en proportion. Il devance largement le secteur financier (52 milliards), l'industrie (36 milliards) et l'immobilier (35 milliards).

Le pic du confinement avait, en toute logique, particulièrement pesé sur les acquisitions transfrontalières : avril représentait le plus faible montant réalisé en un mois depuis ces dix dernières années. Mais les transactions internationales sont depuis largement reparties puisque leur montant en novembre (167 milliards) a dépassé les 100 milliards de dollars pour le quatrième mois consécutif. Autre caractéristique, le grand retour des fonds de capital-investissement : les opérations où ils ont été à la manoeuvre, que ce soit côté vendeur ou côté acquéreur, ont atteint un niveau record pour un mois de novembre depuis 2006 : 50 milliards de dollars. Depuis le début de l'année, 479 milliards de dollars de transactions impliquant un fonds de private equity ont été accumulés sur 11 mois, un record depuis 2007 cette fois.

Comme beaucoup le prévoyaient, la crise sanitaire a offert des opportunités en bouleversant les cartes. Mais probablement beaucoup plus vite que l'on ne pouvait l'anticiper, alors que certains secteurs sont encore extrêmement fragilisés, pour longtemps (l'aérien par exemple). Cet étonnant dynamisme peut être comparé à celui du marché actions, qui a enchaîné les records malgré son impressionnant trou d'air fin mars et début avril. Si la tendance boursière peut être assimilée à un excès d'optimisme (d'aucuns diraient un optimisme béat), dans le M&A on peut en revanche imaginer que les initiatives relèvent aussi beaucoup d'une tactique défensive pour parer les probables bouleversements structurels à venir.

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