WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
La filiale durable de Natixis devient une « société à mission »

Entreprises / Actions / Mirova / ESG

Entreprises / Actions
Mirova / ESG

Mirova devient une société à mission

Le développement que connaît le gestionnaire de fonds Mirova, consacré à l’investissement durable, est porté par l’intérêt croissant des investisseurs pour les fonds spécialistes des critères ESG. La société affiliée de Natixis profite de ce contexte favorable pour devenir une « société à mission ».
financeverte
financeverte

Forte de son obtention du label BCorp qui atteste de sa bonne gouvernance, Mirova fait le choix de devenir une entreprise à mission conformément à l'article 176 de la loi Pacte de 2019, qui permet à une entreprise de faire publiquement état de sa "raison d’être". Cela lui vaut d’affirmer avec plus de force auprès de ses investisseurs sa poursuite d’objectifs sociaux ou environnementaux. Le P.-D.G. de la société, Philippe Zaouati, affirme que "les solutions que nous proposons à nos clients visent ainsi à développer une épargne contributive d’une économie plus durable et plus inclusive". Il renchérit en soulignant que l’intérêt précoce de la société pour les fonds intégrants les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) lui confère une longueur d’avance pour l’identification des fonds les plus pertinents.

Le gestionnaire de fonds a connu une forte croissance au cours des deux dernières années. Lors de sa création en 2014, le groupe collectait environ 500 millions d’euros. L’an dernier le montant s’élevait à 3 milliards en nette de collecte. Cette année, la même somme a été réunie en seulement six mois et la directrice déléguée de la société, Anne-Laurence Roucher, déclare que 18 fonds ont été lancés cette année. Cette croissance exponentielle des montants gérés témoigne d’un intérêt croissant des investisseurs de la sphère public comme privée pour ce type d’investissements.

"La crise sanitaire a joué un rôle de catalyseur et d’accélérateur, dans un contexte déjà favorable au développement de la finance verte" a déclaré ce mercredi Philippe Zaouati, directeur général de Mirova. Les entreprises qui sont entrées dans cette période de perturbation en ayant une bonne maîtrise des risques de leur chaîne d’approvisionnement ont été plus résilientes a-t-il poursuivi, ce qui a stimulé les débats autour de la relocalisation. Selon lui, cette prise de conscience devrait contribuer à davantage de mobilisation de la part de la sphère privée atour des critères ESG.

Du côté des institutionnels, la tendance est déjà largement amorcée. La société affirme dans un communiqué que "les planètes s’alignent pour porter la finance verte" en Europe. Le P.-D.G. développe : des flux massifs d’investissement publics européens, environs 30 %, concernent maintenant l’action climat. Le cadre réglementaire y est aussi favorable avec la mise en place d’un plan d’action finance durable en 2018 à l’échelle de l’Europe et la réflexion autour d’une nouvelle stratégie finance durable. Enfin des objectifs long terme ont été définis : Ursula von der Leyen a annoncé en septembre un objectif de réduction de 55 % des émissions de l’Union européenne entre 1990 et 2030, rehaussé à 60 % par le Parlement européen au mois d’octobre. Par ailleurs, le Conseil européen avait déjà acté la poursuite de la neutralité carbone à horizon 2050 il y a maintenant un an.

Si la société de gestion n'est pas la seule à profiter de la surperformance actuelle des valeurs vertes en Europe, elle indique se distinguer en revanche en affirmant que les critères ESG ne suffisent pas. Les dérèglements sociétaux doivent être pris en compte dans leur ensemble selon le gestionnaire. La société a notamment l’ambition de monter des fonds qui puissent répondre au problème de fracture sociale. Elle observe que le phénomène de croissance des inégalités se vérifie à l’échelle du monde et des entreprises : les GAFAM détiennent 25 % de la capitalisation boursière du S & P 500. Afin de progresser dans la prise en compte de ces inégalités, des travaux sont en cours pour développer de nouveaux indicateurs, annonce la directrice déléguée de Mirova.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article