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Eurofins Scientific, Covid-19, coronavirus, pandémie

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coronavirus Eurofins Scientific voit grand

CORONAVIRUS. Le laboratoire français de bio-analyses va dépasser haut-la-main ses objectifs 2020. Il a non seulement bénéficié de la pandémie, mais ses activités traditionnelles ont également bien récupéré des confinements.

S'il ne participe pas à la course aux vaccins contre le coronavirus, Eurofins Scientific figure néanmoins parmi les grands bénéficiaires de la crise sanitaire même si cela n'a pas été évident au cours des premières semaines du confinement.

Témoin de cette situation, le laboratoire international de bio-analyses a relevé hier mardi ses objectifs financiers pour l'ensemble de l'année 2020 : il anticipe désormais 5,3 millions d'euros de chiffre d'affaires (contre 5 milliards précédemment), un Ebitda ajuste de 1,3 milliard d'euros (au lieu de 1,1 milliard), ainsi qu'un flux de trésorerie disponible de 700 millions d'euros, contre 600 millions précédemment. L'ampleur de la révision concernant l'Ebitda a pu surprendre certains analystes, comme celui d'Alphavalue.

Signe que rien n'était acquis d'avance, Eurofins a attendu très tardivement avant d'être certain de dépasser ses objectifs initiaux. C'est grâce à ses "fortes performances commerciales en octobre et novembre" qu'il a pu être confiant dans ses capacités à le faire. Mais il est à noter que les prévisions avaient été fixées le 4 mars dernier, soit dix jours avant le confinement. Il ne s'agissait donc pas de montants au rabais - nombre d'entreprises cotées ont suspendu leurs objectifs suite au confinement et certaines en ont fixé de nouveaux nettement inférieurs aux précédents. Ceci signifie que le laboratoire a été capable de dépasser des prévisions correspondant à une activité "normale" - une performance rare.

Perspectives 2021 et 2022 inchangées

Il est vrai qu'Eurofins a indirectement bénéficié de la recherche autour de la pandémie et des mesures prophylactiques : il a, par exemple, lancé un test antigénique, un test RT-PCR, ainsi qu'un autre détectant la présence du virus sur différentes surfaces. Mais ce n'est pas tout. "Notre activité principale (qui exclue les revenus des tests et des réactifs cliniques liés à la Covid-19) est restée résistante, malgré l'effet des nouvelles mesures de confinement dans de nombreux pays au second semestre. Elle s'est rapidement rétablie et a réalisé une croissance organique au cours des mois d'octobre et de novembre proche de notre objectif historique de croissance organique de 5 % par an", explique Eurofins dans son communiqué. Ce alors que dans les premières semaines du confinement, le groupe avait un peu souffert des effets des restrictions de déplacement dans les nombreux secteurs qu'il couvre en dehors de celui de la santé, comme l'alimentaire par exemple.

Même si Eurofins juge ses perspectives solides en prévision du début de l'année, la relativité de son optimisme ne le pousse pas à aller jusqu'à réviser des perspectives 2021 et 2022, étant donné l'incertitude qui demeure, malgré le début des campagnes de vaccination dans plusieurs endroits du globe.

Avec cette communication, Eurofins ne devrait apaiser le débat autour de lui : soit séduire par sa trajectoire de croissance impressionnante, soit susciter la méfiance dans son business model fondé, jusqu'à l'année dernière, sur de très nombreuses acquisitions (avec les risques d'intégration que cela implique), une transparence jugée limitée et une gouvernance qui frustre certains investisseurs et analystes étant donné le poids de la famille fondatrice Martin, détentrice de 34 % du capital. L'évolution de l'action hier illustre d'ailleurs cette dichotomie : le titre a terminé en légère baisse malgré l'annonce du relèvement des objectifs (-0,5 % à 66,30 euros), dans un indice SBF 120 stable. Une petite contre-performance à relativiser toutefois : Eurofins affiche une hausse de près de 35 % depuis le premier janvier et de… 1 091 % en dix ans.

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