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Rothschild & Co, Pâris Bertrand, banque privée, banque d'affaires

Professions financières / Banque / Gestion de fortune / Rothschild & Co

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Pâris Bertrand convole avec Rothschild & Co

Après un appel d'offres de plusieurs mois, la boutique créée par Pierre Pâris et Olivier Bertrand rejoint la banque privée de Rothschild. Au menu : accélérer les synergies entre gestion de fortune et banque d'affaires.
Rothschild & co
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Banque d'affaires et gestion de fortune font bon ménage. Preuve supplémentaire de cet alliage, Rothschild & Co a annoncé ce matin l'acquisition de Pâris Bertrand, une banque privée suisse basée à Genève et dotée d'une présence au Luxembourg.

L'opération, réalisée à travers la filiale helvétique Rothschild & Co Bank, permet à l'établissement franco-britannique de renforcer sa présence sur le marché de la confédération, cruciale pour toute institution ayant des prétentions internationales en gestion de fortune. Créée par des professionnels emblématiques du métier (le français Pierre Pâris et le belge Olivier Bertrand) il y a seulement 11 ans, Pâris Bertrand gère  6,5 milliards de francs d'actifs au dernier pointage en novembre (six milliards sans double comptage) pour le compte de 630 clients. L'apport n'est pas négligeable : il portera le total des encours de la filiale suisse de Rothschild à plus de 20 milliards de francs et ceux de l'ensemble de la banque privée du groupe à 75 milliards d'euros.

En dehors de la croissance des encours, François Pérol, co-président de Rothschild & Co, attend de la transaction d'importantes synergies de revenus : "Nos offres sont complémentaires. Pâris Bertrand fait peu de crédit pour des raisons de taille de bilan et Rothschild pourra proposer à ses clients ses produits en la matière, comme les crédits Lombard ou hypothécaire. Rothschild proposera également son offre en fonds de private equity. À l’inverse, Pâris Bertrand a développé avec succès une offre de gestion d'actifs spécifique, comme le fonds LongRun Global Equity, que Rothschild pourra offrir à sa base de clients", détaille-t-il. En outre, en plus de ses 50 professionnels établis à Genève, Pâris Bertrand dispose d'un bureau de huit professionnels au Luxembourg, où la banque privée de Rothschild n'est pas présente.

La clientèle de Pâris Bertrand se compose de familles fortunées, de family offices (sociétés gérant les fonds d'une ou plusieurs familles) et d'investisseurs institutionnels - principalement suisses. Le profil des clients est similaire à celui de Rothschild : 90 % des actifs proviennent de clients disposant de plus de 5 millions de francs d'actifs liquides. Ce type de clientèle réclame en général des solutions sur-mesure, ce dont Pâris Bertrand dispose.

Le prix n'est pas communiqué, mais Rothschild précise que la transaction entraînera une baisse d'environ 100 points de base de son ratio de fonds propres réglementaire CET1, qui passera de 19,6 % à 18,6 %.

L'opération obéit à une logique classique dans les "boutiques" : estimant être arrivée à un palier, Pâris Bertrand a souhaité s'adosser à un établissement plus grand. Il a organisé un processus concurrentiel il y a quelques mois, remporté donc par Rothschild. Cette dernière cherche à se développer à l'échelle européenne, en acquérant de nouveaux clients et de nouvelles implantations. Déjà présente en France, en Suisse, au Royaume-Uni, en Belgique, en Allemagne, en Italie et à Monaco, elle s'implante au Luxembourg grâce à Pâris Bertrand et a le projet de créer une structure en Espagne (à Madrid), à partir de sa clientèle espagnole off-shore.

Mais il y a autre chose : Rothschild étant historiquement une banque d'affaires, son objectif est également de rapprocher cette activité de celle de gestion de fortune, afin de créer des synergies de revenus entre les activités de conseils financiers (fusions-acquisitions, opérations de marché) et les grandes fortunes, en général chefs d'entreprise ou actionnaires d'entreprises et à ce titre potentiellement utilisateurs de ces services de banque d'affaires. "En France par exemple, 40 % de la collecte nette d'actifs sont générés par les synergies avec la banque d'affaires", illustre François Pérol. Cette tendance est générale, comme l'illustrent deux opérations récentes : la création par le Crédit Agricole de Private Investment Banking, qui associe CA CIB et Indosuez Wealth Management, et la création d'une société de conseils en M&A par le groupe de gestion privée suisse Mirabaud.

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