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Banque du Japon
La Banque du Japon se remet en question
À l’image des autres Banques centrales des économies avancés (à part la Banque centrale européenne), la Banque du Japon (BoJ) a laissé sa politique monétaire inchangée. En effet, elle a maintenu intactes ses cibles de contrôle de la courbe des taux (Yield Curve Control) de -0,1 % pour les taux à court terme et de 0 % pour les rendements obligataires publics à 10 ans.
"L'économie japonaise a redémarré, mais son rythme de progression devrait être seulement modéré alors que la vigilance reste de mise face au nouveau coronavirus", a commenté la BoJ. C’est pourquoi elle a étendu jusqu'à septembre 2021 ses achats supplémentaires de titres de dette d'entreprises (commercial paper et obligations privées d’une maturité plus longue). Elle n’a en revanche rien modifié concernant ses achats d’actifs traditionnels (parts de fonds de placement en valeurs mobilières et de fonds de placement immobiliers, obligations publiques). De plus, elle a prolongé, également jusqu’en septembre prochain, son dispositif de prêts à taux zéro à des institutions financières et levé le plafond (100 milliards de yens) de liquidités que chacune de ces dernières peut tirer auprès d’elle. Une mesure qui vise à doper le crédit à destination des petites et moyennes entreprises.
Enfin, "étant donné que l'économie et les prix devraient rester sous pression pendant une période prolongée en raison de l'impact du COVID-19, la BOJ va étudier les moyens d'arriver à un nouvel assouplissement monétaire efficace et durable", a déclaré la BoJ. L'institution, dont l'objectif inchangé d'une inflation autour de 2 % paraît toujours plus inatteignable (les prix ont baissé de 0,9 % sur un an en novembre), prévoit de publier ses conclusions sur cette analyse "probablement en mars" prochain, a-t-elle précisé. Pour rappel, l'institution de Tokyo avait réalisé un examen similaire en juillet 2016, et cela avait alors été suivi par la mise en place de la politique monétaire non conventionnelle nommée Yield Cuve Control. Un bouleversement identique pourrait-il en découler ? "La différence cette fois-ci est que la Banque a noté aujourd'hui que 'l'assouplissement quantitatif et qualitatif avec le contrôle de la courbe des taux' a bien fonctionné et qu'elle ne voit pas la nécessité de le modifier", analyse Marcel Thieliant, économiste senior chez Capital Economics. Aussi, ce dernier estime qu'il semble probable que la Banque centrale fasse "du bricolage à la marge plutôt que d'apporter des changements révolutionnaires".
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