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Macro-économie / Taux / Japon / Banque du Japon / croissance / Inflation

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L’échec de la Banque du Japon

Si l’institution de Tokyo a revu significativement à la hausse sa prévision de croissance pour l’an prochain, elle anticipe que l’inflation sera toujours en dessous de sa cible en 2023, soit la fin du deuxième mandat du gouverneur Haruhiko Kuroda.
Lilas japonais - Crédits : François BOUCHON / Le Figaro
Lilas japonais - Crédits : François BOUCHON / Le Figaro

Sans surprise, la Banque du Japon (BoJ) n’a pas modifié ses mesures de soutien à l’économie. Comme prévu, elle a maintenu son objectif de taux d'intérêt à court terme à -0,1% et dans le cadre de sa politique non conventionnelle de Yield Curve Control (contrôle de la courbe des taux), son engagement à encadrer les rendements souverains à long terme autour de zéro. Comme chaque trimestre, cette nouvelle conférence de presse a été l’occasion pour la Banque centrale de présenter ses nouvelles projections macroéconomiques.

Concernant la croissance, les membres du Comité de politique monétaire de la BoJ ont très légèrement revu à la hausse leur prévision de croissance – c’est une médiane – à 4% pour l’année fiscale 2021 (elle dure d’avril 2021 à mars 2022), contre 3,9% en janvier. "L'économie japonaise devrait se rétablir, même si le niveau d'activité sera inférieur au niveau d'avant-pandémie, principalement pour les secteurs offrant des services en face-à-face", écrit la Banque centrale dans le rapport. En 2022, la BoJ est significativement plus optimiste puisqu’elle anticipe une progression de 2,4% du Produit intérieur brut (PIB) contre 1,8% précédemment, en raison "d’une demande intérieure et extérieure plus forte". Bien consciente que les incertitudes demeurent à un niveau élevé, la BoJ prévient que son scénario central fait l'hypothèse que "même si l'impact demeure, les attentes des entreprises et des ménages en matière de croissance à moyen et long terme ne diminueront pas sensiblement et le bon fonctionnement de l'intermédiation financière sera assuré, la stabilité du système financier étant maintenue".

Du côté de l’inflation, les perspectives sont moins brillantes. Si elle a abaissé de 0,4 point sa prévision d’inflation pour 2021 (à 0,1%), cela ne reflète selon elle qu’un phénomène transitoire à cause de la réduction des frais de téléphonie mobile. Ce qu’elle escompte pour 2022 est quasiment inchangé (0,8%) et elle vient de dévoiler une prévision de 1% pour 2023, soit la fin du deuxième mandat du gouverneur Haruhiko Kuroda. Depuis qu’il est arrivé à la tête de la BoJ en février 2013, jamais l’objectif d’inflation de 2% l’an n’aura été atteint si ces perspectives se confirment. "Si les prévisions d'inflation à long terme des entreprises n'étaient pas loin de l'objectif de 2 % peu après le lancement de l'assouplissement quantitatif et qualitatif en 2013, elles se sont depuis longtemps établies autour de 1 %", résume Marcel Thieliant, économiste senior de Capital Economics. Le déploiement d’une politique monétaire toujours plus non conventionnelle aura donc été vraisemblablement insuffisant. Cette prévision de 1% est d'autant plus inquiétante que, selon la BoJ, la probabilité que l'inflation puisse être inférieure à 1% est plus grande que la probabilité qu'elle soit supérieure ; elle cite notamment l'incertitude quant au comportement de fixation des prix des entreprises. Ces dernières pourraient être amenées à baisser leurs prix pour stimuler la demande.

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