Macro-économie / Taux / Banque du Japon / changement climatique / croissance
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Banque du Japon / changement climatique / croissance
Une Banque du Japon moins confiante mais novatrice
Lors de la publication de ses dernières prévisions en avril, la Banque du Japon (BoJ) avait prévenu que les risques sur l’activité étaient orientés à la baisse en raison de l’impact du coronavirus, il n’est donc guère étonnant qu’elle ait légèrement abaissé sa prévision de croissance du Produit intérieur brut (PIB) pour l’exercice fiscal 2021 (1er avril 2021 - 30 mars 2022).
Ainsi, l’institution de Tokyo escompte désormais (prévision médiane des membres du Comité de politique monétaire) une progression de 3,8 % du PIB, contre 4 % précédemment - le PIB nippon avait dégringolé de 4,6 % sur l'exercice fiscal précédent. Et les risques sur la croissance de demeurer à la baisse, a annoncé la BoJ, dans un contexte où, tandis que les contaminations repartent à la hausse depuis quelques semaines, la ville de Tokyo, qui va accueillir les Jeux olympiques à huis clos à partir du 23 juillet, a été replacée en état d'urgence depuis lundi, ce jusqu'au 22 août. Une décision qui pénalise notamment bars et restaurants, contraints de fermer plus tôt et priés de ne pas servir d'alcool. Pour rappel, au 15 juillet, un tiers de la population du Japon avait reçu au moins une dose de vaccin.
Reste que, ce n’est pas pour autant que la Banque centrale a amendé sa politique monétaire. En effet, elle a laissé son taux de dépôt à -0,1 % et a maintenu son objectif de taux à 10 ans sur les obligations souveraines japonaises (politique de contrôle de la courbe des taux) autour de 0 %. Par ailleurs, elle continue d’acquérir des parts d’ETF (fonds négociés en Bourse) de J-Reit (fonds communs immobiliers japonais) et également des titres d’entreprise tels que les billets de trésorerie (commercial paper) ou des titres privés de plus longue maturité.
Cette nouvelle réunion du Conseil des gouverneurs a néanmoins été l’occasion d’amorcer un changement notable. De fait, dans le cadre de sa lutte contre le changement climatique, la Banque centrale japonaise va permettre aux banques finançant des projets "verts" de bénéficier de prêts collatéralisés à un an reconductibles au taux d’intérêt de 0 %, des TLTRO (opérations ciblées de refinancement à long terme de la BCE) verts en quelque sorte. Les banques qui souhaitent participer à ces opérations devront faire la preuve qu’elles contribuent "aux actions du Japon en matière de lutte contre le changement climatique" notamment à travers la détention de "prêts ou obligations vertes, de prêts ou obligations liés au développement durable avec des objectifs de performance liés aux efforts en matière de changement climatique" ou encore de "financements de transition", a précisé la BoJ. Cette mesure que la Banque centrale avait annoncée par surprise le mois dernier, doit être mise en place dès cette année, pour une durée prévue de dix ans.
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