Politique économique / Christine Lagarde / Risque systémique / Cyberincidents / changement climatique / BCE
Politique économique
Christine Lagarde / Risque systémique / Cyberincidents / changement climatique / BCE
Les nouveaux risques systémiques ciblés par Christine Lagarde
À la suite des 43 banques internationales qui ont annoncé au printemps viser la neutralité carbone d’ici 2050, de plus en plus d’acteurs des marchés financiers s’engagent à lutter contre le changement climatique. Christine Lagarde a fait du sujet un défi majeur de la prochaine décennie lors de son intervention à la conférence annuelle du Comité européen du risque systémique (CERS). Elle a également élevé au même rang des priorités les cyberincidents.
Le CERS doit à ses yeux profiter des 80 institutions membres qui le composent - notamment la Banque centrale européenne (BCE), les autorités européennes de surveillance et les banques centrales nationales de l’Union européenne - pour cartographier le risque climatique et étudier les expositions des institutions financières. Christine Lagarde pense que les risques physiques et les risques de transition sont à même d’engendrer des "pertes pour le secteur financier", notamment en cas de transition désordonnée qui sont "loin d’être irréalistes". Attention toutefois, avertit la présidente de l'institution, les politiques qui permettront la résilience du secteur ne seront pas systématiquement celles qui permettront la transition écologique des économies.
Concernant les cyberincidents, un nouveau cadre va bientôt être proposé par le CERS afin d’assurer "une réponse coordonnée et rapide des autorités financières publiques ". Il s’agira notamment de créer une classification propre aux cyberincidents et des canaux de communication pour permettre d’agir rapidement face à un phénomène qui menace le système financier dans son ensemble. Les cyberincidents peuvent affecter profondément la confiance qui règne dans le secteur financier et constituent à ce titre un risque systémique.
Certains acteurs concentrent l’exposition à certains risques et menacent de le transmettre à l’ensemble du système. C’est ainsi près de "70 % des expositions de crédit du système bancaire aux entreprises soumises à des risques physiques élevés ou croissants sont concentrées dans les portefeuilles de seulement 25 banques de la zone euro". Il s’agit pour près d’un quart de ces acteurs d’expositions représentant plus de 10 % de leurs actifs. De la même façon, les cyberincidents profitent d’un risque toujours plus contagieux grâce à l’interconnexion croissante des systèmes d’information. Avec une hausse des cyberincidents de 54 % entre 2019 et 2020 et des entreprises de plus en plus numérisées, la question de l’occurrence de tels évènements est désormais pour la présidente de la BCE de "quand, et non de si" cela va survenir.
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