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Assurance-vie
L’assurance-vie a continué son chemin de croix en 2020
L’assurance-vie aussi souffre de la crise. La décollecte au mois de novembre atteint 30 millions d’euros, rapporte la Fédération française de l’assurance (FFA). Cela signifie que les épargnants ont plus retiré de sommes qu’ils n'en ont déposées sur le mois. Sur ce mois, les cotisation en assurance-vie atteignent 10,4 milliards d’euros, contre 11,1 milliards d’euros à la même période il y un an, selon les données provisoires de la FFA.
Le mois de novembre s’inscrit toutefois en nette amélioration par rapport à octobre, mois durant lequel la décollecte avait atteint 154 millions d’euros et qui correspondait à la période précédant le deuxième confinement. Plus globalement, l’année 2020 est très compliquée pour l’assurance vie : depuis le début de l’année la collecte nette est négative et s’établit à -7,3 milliards d’euros. En 2019, les 11 premiers mois de l’année avaient été l’occasion d’une collecte positive de 23,3 milliards. "Le cumul des cotisations en assurance vie atteint 103,5 milliards d'euros (132,8 milliards d'euros sur la même période en 2019). Les versements cumulés sur les supports en unité de compte représentent 35,3 milliards d’euros, soit 34 % des cotisations (27% sur la même période en 2019 pour un montant de 35,2 milliards d’euros)" complète la FFA.
Les Français privilégient d’autres placements avec leur épargne
Ces décollectes peuvent pourtant apparaître comme paradoxales, alors que l’épargne augmente sensiblement avec la pandémie et que l’assurance-vie est le premier moyen d’épargne en France – à fin novembre 2020, l’encours des contrats d’assurance-vie s’élève à 1785 milliards d’euros. En effet, "après l’accumulation au cours du premier semestre 2020 de 62 milliards d’euros d’"épargne Covid", les deux trimestres suivants – et tout particulièrement le dernier – conduiraient à une accumulation supplémentaire d’épargne de 27 milliards d’euros, pour atteindre 89 milliards sur l’ensemble de l’année", indiquait début décembre un papier de l’OFCE.
A partir des données de l’INSEE et de la Banque de France, Alternatives économiques propose une comparaison de la composition de l’épargne des français à la fin 2018 et au cours du premier semestre 2020. On remarque alors que si l’épargne financière croît (40,1% fin 2018, 68,5% au S1 2020), la part de l’assurance-vie diminue de 35,6% à fin 2018 à 4,9% au S1 2020. Dans le même temps, le numéraire et dépôts à vue grimpe de 35,6% à 47,6% et l’épargne réglementée (livrets A, livrets bleus, livrets jeune….) de 14% à 20,4%.
Plusieurs raisons expliquent cela. D’abord, d’un point de vue conjoncturel (du moins espérons-le), on peut assimiler la hausse de l’épargne à un double mouvement de baisse de la consommation provoquée par les fermetures administratives et les barrières aux déplacements engendrées par la pandémie ainsi qu’à une épargne de précaution levée en raison des inquiétudes sur la situation macroéconomique future. Dans cette veine, les agents économiques privilégient les placements sûrs et surtout liquides (épargne réglementée, dépôts à vue…). Mais, structurellement, les rendements de l’assurance-vie s’inscrivent en baisse, en raison notamment de la faiblesse persistante des taux d'intérêt, qui plombe les performances des contrats en euros, et la réticence des consommateurs français envers les fonds en unités de compte, étant donné leur faible culture du risque alimentée par les chocs successifs subis par les marchés actions depuis 20 ans. En 2019, le rendement moyen de l’assurance-vie subissait sa plus forte baisse (-0,37 point) pour s’établir à 1,46%, selon les chiffres de l’ACPR. L’institution prévoyait pour 2020 un taux de rendement compris entre 1% et 1,10%.
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