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Politique économique / Assurance-vie / Epargne

Politique économique
Assurance-vie / Epargne

Baisse de la consommation et assurance-vie record : un lien de cause à effet ?

Les très bons chiffres de la collecte de l'assurance-vie depuis le début de l'année sont le signal que les ménages inquiets du recul de leur pouvoir d'achat, préfèrent épargner.
Consommation - soldes - Paris - téléphones
Consommation - soldes - Paris - téléphones

En fin de semaine dernière, la Fédération Française de l'Assurance dévoilait d'excellents chiffres pour la collecte du mois de juillet : 3 milliards récoltés, soit un milliard de plus qu'au mois de juin, la meilleure performance depuis le début de l'année et le plus haut niveau depuis deux ans et demi. Certes, le mois de juillet est réputé favorable à l'assurance-vie, les salariés ayant reçu des primes en début d'année les reversant sur leurs contrats à cette période-là. Mais ces bons chiffres ne sont pas uniquement liés à des facteurs saisonniers, et confirment la dynamique entamée depuis le mois de janvier où près de 15,3 milliards d'euros ont été collectés, contre 4,8 milliards seulement rassemblés sur la même période l'an dernier. 

Un tel rebond de 10,5 milliards d'euros sur un an, est une bonne nouvelle pour les sociétés d'assurance. Mais il traduit également l'inquiétude grandissante des ménages, dont le  pouvoir d'achat a fortement diminué depuis le début d'année (de -0,6% sur le premier trimestre, soit la plus forte contraction depuis 2012), et qui ont donc préféré mettre de côté, craignant que leurs retraites soient progressivement rognées par les prochaines mesures fiscales. "La France a connu un choc négatif de pouvoir d'achat lié au calendrier fiscal de 2018 : d'un côté, une hausse de la CSG et des taxes sur les hydrocarbures dès janvier, mais, de l'autre, des baisses des cotisations sociales, de la taxe d'habitation ou de revalorisations de minima sociaux étalées sur le quinquennat", explique ainsi Mathieu Plane, économiste à l'OFCE, cité dans Libération. La hausse de la CSG a particulièrement pénalisé les retraités, qui ont vu leur impôt augmenter sans contrepartie, et par conséquent le montant de leur pension diminuer. 

Ce réflexe naturel d'épargne des Français, face à la diminution de leur pouvoir d'achat a également impacté la consommation, qui est restée atone au premier trimestre. Ce qui a pesé sur le PIB du pays, la consommation contribuant pour moitié à la croissance de l'Hexagone. Du coup, le PIB français a progressé de 0,3% seulement au premier puis au deuxième trimestre. Certes, le gouvernement attend un choc fiscal positif en seconde partie d'année, avec la suppression totale des cotisations salariales chômage et maladie le mois prochain, et la suppression d'un premier tiers de la taxe d'habitation pour 80% des Français en novembre. Mais les ménages par prudence, pourraient attendre quelques mois avant de reprendre leurs emplettes. D'autant que l'inflation continue de progresser, et que le gouvernement a décidé justement de ne plus indexer certaines prestations sociales sur la hausse des prix. 

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