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Brexit : les trois secteurs les plus à risque
La Grande-Bretagne a donc officiellement quitté l'UE le week-end dernier et s'apprête à achever sa première semaine en tant que pays autonome et libre de conclure des accords commerciaux avec d'autres États. La Bourse de Londres a plutôt bien accueilli la nouvelle du deal avec l'UE, le Footsie 100 ayant progressé de près de 6% depuis une semaine. Il faut dire que 40% de l'indice est constitué d'entreprises principalement exportatrices, pour qui l'absence de droits de douane supplémentaires permise par l'accord commercial est clairement positive.
Certains secteurs devraient cependant subir davantage de perturbations que les autres et ce, des deux côtés de la Manche, a expliqué Matthias Desmarais, Deputy Head d'Oddo BHF Equities, lors du 24ème forum organisé hier par la société de gestion. C'est le cas notamment des constructeurs automobiles : "la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE pourrait entraîner des perturbations dans la chaîne de production automobile européenne fortement intégrée", alors que 90 % des voitures assemblées en Grande-Bretagne sont destinées à l'export vers l'Europe continentale, explique ainsi le responsable d'Oddo. Certes, ces exportations automobiles ont échappé à des droits de douane de 10% supplémentaires, si aucun accord n'avait été trouvé et que les règles de l'OMC avaient dû s'appliquer. Mais l'imbrication de la production automobile et les formalités administratives auxquelles les deux camps devront désormais se livrer aux frontières représenteront des coûts cachés supplémentaires pour le secteur.
Second secteur qui devrait être le plus impacté par le Brexit, celui de l'aérospatial, qui concerne plus d'un millier d'entreprises à travers toute la chaîne de production en Grande-Bretagne et qui, tout comme la production automobile, est très intégré. Le constructeur européen Airbus fabrique au Royaume-Uni rien de moins que la quasi-totalité des ailes de ses appareils via sa filiale Airbus UK spécialisée dans la voilure. Il y est également bien implanté dans la production des hélicoptères et dans l’aérospatial. Certes un No deal aurait été catastrophique pour l'aérospatial Britannique, Airbus employant à lui seul 14 000 personnes dans le pays sur 25 sites de production différents. Mais les industriels de l'aérospatial devront eux aussi se plier à de nouvelles certifications de normes de production, le Royaume-Uni ne dépendant plus des règles européennes dans ce domaine.
Les compagnies aériennes britanniques pourraient enfin être sensiblement affectées par la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE. Selon le responsable d'Oddo BHF, le sort et l'avenir d'une compagnie telle qu'IAG par exemple, née de la fusion entre British Airways et l'espagnole Iberia en 2010, pourrait être compliqué vu la double nationalité de l'entreprise et le fait que le Royaume-Uni ne sera plus soumis aux mêmes règles dans le domaine aérien. Par ailleurs, selon le texte de l'accord commercial, les compagnies britanniques ne pourront plus transporter de passagers ou de marchandises entre deux points de l'UE, ni assurer des services de transport ultérieurs entre le Royaume-Uni et deux autres États membres (par exemple Manchester-Munich-Varsovie). Ils ne seront pas non plus autorisés à transporter des passagers entre le Royaume-Uni, un État membre et un pays tiers (autrement appelé la "cinquième liberté", par exemple Londres-Amsterdam-Bangkok). Ce qui devrait également pénaliser les compagnies qui effectuaient ce genre de vols à travers l'Europe et le monde.
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