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Danone : le conseil étouffe ses dissensions

Dirigeants, gouvernance / Danone / Emmanuel Faber

Dirigeants, gouvernance
Danone / Emmanuel Faber

Danone : le conseil étouffe ses dissensions

Le numéro un français de l’agro-alimentaire, dont la gestion est très contestée par plusieurs fonds activistes, a publié des résultats médiocres. Mais il promet des jours meilleurs dès cette année et surtout en 2022 grâce à son plan d’économies. Le conseil a reporté à plus tard les questions de gouvernance. Ce qui n’est pas une bonne idée pour ce groupe qui a besoin d’un responsable des opérations.
Emmanuel Faber - Danone
Emmanuel Faber - Danone

 

Danone fait beaucoup parler de lui depuis quelques mois. Il y a eu l’annonce des départs de Francisco Camacho et de Cécile Cabanis, les deux dirigeants-clé du groupe. Puis celle d’un plan de réorganisation accompagné de centaines de départs, notamment au siège. Et enfin l’arrivée au capital de plusieurs fonds activistes dont l’un a clairement demandé des changements dans le périmètre d’activité et dans la gouvernance. Ses représentants ont été reçus mardi dernier par plusieurs administrateurs, mais Emmanuel Faber le P-D.G. n’assistait pas à la réunion.

Le successeur de Franck Riboud se sait aujourd’hui menacé. Au point d’avoir été frapper, avec son âme damnée Mathias Vicherat (ex SNCF et énarque de la promotion de Macron) à la porte de François Hollande, de Nicolas Sarkozy, de Jacques Attali, d’Alain Minc et d’Anne Hidalgo. Mais ce n’est pas ce que les actionnaires attendent. Ils demandent que le groupe soit géré au jour le jour, qu’il y ait ou non les effets de la pandémie, qu’une stratégie claire soit définie en matière de croissance externe voire aussi en désinvestissements, et qu’Emmanuel Faber ne concentre plus tous les pouvoirs. Leur principale revendication est la nomination d’un patron des opérations. Et si la réponse est non le climat se durcira et ils exigeront la séparation des pouvoirs entre un Président non exécutif (Faber) et un CEO à recruter.

Le conseil qui s’est réuni hier a décidé de ne pas évoquer ce sujet et de commenter les comptes du groupe pour 2020. Des comptes qui ne sont pas catastrophiques, mais qui ne sont pas davantage satisfaisants. La marge opérationnelle a chuté de 15,2 à 14 %. Le résultat opérationnel courant accuse une baisse de 11 %. Le cash-flow disponible a reculé de 18,3 %. Et tout cela en dépit d’une activité "reine" produits laitiers qui a vu son chiffre d’affaires progresser de 3,4 % et sa marge se maintenir.

Mais le compte n’y est pas pour les actionnaires, puisque le bénéfice net courant par action a reculé de 13,2 % à 3,35 euros. De fait le dividende chute de 8 % à 1,94 euros. Quant au cours de bourse, s’il progresse aujourd’hui par soulagement que les résultats ne soient pas plus mauvais, il affiche un recul de 22 % sur l’année passée. Ce qui est l’une des plus mauvaises performances du secteur.

Tout cela signifie que les fondamentaux de Danone construits par Antoine puis par Franck Riboud restent bons. Mais qu’il faut une main de fer pour gérer le groupe au quotidien, éviter une dérive des frais de structure et maintenir les investissements publi-promotionnels (qui ont été sacrifiés l’an passé afin d’éviter un effondrement plus marqué de la marge). Le recrutement d’un responsable des opérations ou COO est une très bonne idée qui ferait tandem avec un Emmanuel Faber doué de multiples talents mais qui consacre beaucoup de temps aux performances extra-financières du groupe.

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