Banques / la banque postale / Philippe Heim
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la banque postale / Philippe Heim
Philippe Heim très ambitieux pour La Banque Postale
Ancien directeur financier et directeur général délégué de la Société Générale, Philippe Heim a été recruté par la Poste au cours de l’été dernier pour diriger sa filiale bancaire à un moment où tout cet ensemble finissait un jeu de monopoly au sein de la Caisse des Dépôts faisant de la Banque Postale l’actionnaire de CNP Assurances. Il restait à rebâtir une stratégie pour cette maison héritière des anciens CCP qui se place tout de même à la onzième place des banques de la zone Euro.
Six mois après son entrée en fonctions Philippe Heim a présenté son plan stratégique à l’horizon 2030 qui vise à faire de la Banque Postale, la banque préférée des Français. Tout cela pourrait paraître pour de simples mots ou pour un slogan de publicitaire si ce ne s’appuyait pas sur les caractéristiques de cette banque et notamment son caractère de proximité, et son implantation partout sur le territoire avec 17 000 points de contact.
Les trois buts que s’est assignée la Banque Postale sont donc 1°) de se hisser parmi les leaders de la satisfaction client en intégrant le Top 3 dés 2023 pour les services à distance ; 2°) de se positionner comme la banque de transition juste avec le lancement d’une plate-forme d’engagements citoyens ; et 3°) de placer ses collaborateurs au cœur du plan stratégique avec notamment des moyens importants donnés à la formation permanente.
En termes quantitatifs ces trois objectifs devraient accompagner une ambition de croissance qui s’articule autour de trois leviers. D’abord consolider la banque de détail en accélérant la conquête de nouveaux clients aussi bien sur le plan digital que dans le domaine de la banque privée. Ensuite en accélérant la diversification. Ce qui va passer par l’optimisation du modèle de bancassurance grâce à la nouvelle organisation avec CNP. Mais aussi par le doublement de clients et la part de marché entreprises (la banque compte déjà une centaine de centres d’affaires). Enfin en construisant un modèle de plateforme, innovant, partenarial et international. À tel point que 20 % du produit net bancaire devra provenir de l’étranger en 2025.
Avec de tels objectifs et ces leviers de croissance Philippe Heim un produit net bancaire en croissance de plus de 3 % d’ici à 2025, un coefficient d’exploitation en baisse de 10 points ; ce qui aura un impact très positif sur le résultat courant et un impact sur la rentabilité des fonds propres qui passerait de 6,3 % en 2020 à 8 % dès 2023.
Ce plan nous paraît à la fois très ambitieux sur le plan de l’industrie bancaire, car il touche à toutes ses facettes, mais réalisable grâce aux points forts de la banque. Là où Philippe Heim a visé juste par ailleurs c’est en renforçant l’ADN de cette banque citoyenne en en faisant un acteur de la transition juste. Ce qui passera par un objectif de zéro émission nette à l’horizon 2040, par plus de 300 000 journées de formation pour les collaborateurs, par la poursuite de la mission d’accessibilité bancaire ou par l’élaboration d’une plateforme d’engagements citoyens. Certains pourraient croire qu’il ne s’agit que de mots. Mais aujourd’hui la performance extra-financière est une condition de la performance financière. Et entre ce plan et son nouveau management la Banque Postale est effectivement en mesure de relever le défi d’une transition juste répondant aux enjeux environnementaux, sociétaux, territoriaux et numériques.
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