Publications, Résultats / Wendel / André François-Poncet
Publications, Résultats
Wendel / André François-Poncet
A quoi sert donc encore Wendel ?
Les résultats de Wendel pour l’exercice écoulé ne sont pas catastrophiques. Ils sont justes médiocres. Le résultat net consolidé qui reflète donc le résultat du groupe avec celui de ses différentes participations très éclectiques est une perte nette part du groupe de 264,1 millions d’euros. L’an passé le bénéfice net consolidé était de 625 millions d’euros. Bref, de ce côté là rien de satisfaisant. Et comme la société ne communique pas ses comptes sociaux, il faut se contenter de cette contre-performance.
L’autre manière d’apprécier l’évolution de Wendel en 2020, c’est à travers la valorisation de ses actifs. Dans la mesure où Wendel se définit comme un actionnaire professionnel, on pourrait s’attendre à une forte hausse des actifs. En fin de compte l’actif net réévalué affiche une baisse de 4,3 % en 2020. La question n’est même plus de savoir si ces chiffres sont mauvais ou médiocres, mais comment Wendel a pu enregistrer d’aussi mauvaises performances alors que toutes les bourses mondiales ont rebondi au second semestre et que l’indice MSCI qui reflète l’évolution des marchés mondiaux a progressé de 13 %.
Si la famille Wendel avait confié son patrimoine à des gestionnaires de produits indiciels qui ne cherchent qu’à répliquer la performance de cet indice l’actif net réévalué de Wendel s’établirait à 188 euros au lieu de 159 euros. Soit une coquette différence de 1,3 milliard d’euros. Il faut penser que le gros millier de descendants Wendel qui contrôlent cette société à travers Wendel Participation est satisfaite de ces très médiocres performances puisqu’elle a décidé de renouveler le mandat d’André François-Poncet, le président du directoire.
Outre ces piètres performances, ce qui frappe dans la gestion de Wendel depuis quelques années, c’est son incapacité à faire tourner son portefeuille. Au point même d’avoir bloqué le projet d’introduction en bourse de sa participation IHS Towers. Pour contrer ces critiques le management annonce une feuille de route stratégique pour les trois prochaines années qui vise à la constitution de sept à dix sociétés davantage présentes en France ou en Europe de l’Ouest. A l’image de Bureau Veritas, la seule belle participation de Wendel, acquise du temps d’Ernest-Antoine Seillière, et qui a traversé sans trop de dommages la crise du Covid.
On comprend que plusieurs fonds activistes commencent à roder autour de l’entreprise compte tenu de son incapacité à créer de la valeur, à un moment où l’affectio societatis de la famille Wendel se disloque progressivement. On comprend aussi que le premier actionnaire familial, Nicolas Célier ait créé son propre fonds de capital investissement pour faire croitre son patrimoine plus surement qu’avec Wendel.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

