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Wendel / Wendel-Participations / Assemblée générale / André François-Poncet
Le départ surprise d’André François-Poncet plombe l’ambiance chez Wendel
Malgré la soif exprimée par certains actionnaires individuels présents dans la salle Wagram, en raison des chaudes températures relevées à Paris, l’ambiance de l’assemblée générale de Wendel était plus que fraîche ce jeudi. Et il y a de quoi. Quelques heures plus tôt, le président du directoire, André François-Poncet, en poste depuis 2018 et dont le mandat avait été renouvelé en décembre 2020, avait annoncé son départ surprise du groupe, faisant ainsi perdre dans la matinée 6 points au cours de l’action à 82,8 euros. C’est donc un président du conseil de surveillance, Nicolas ver Hulst, quelque peu mal à l’aise, qui s’est présenté devant les actionnaires pour ouvrir le grand rendez-vous annuel. "Comme vous l’avez peut-être vu, André François-Poncet, a fait part de son intention de ne pas poursuivre son second mandat jusqu’à son terme pour se consacrer à des projets personnels, le conseil de surveillance de Wendel en a pris acte", a-t-il déclaré.
Une gêne palpable
La chute du cours de bourse a été étrangement expliquée comme une forme d’hommage. "Cette baisse attire deux remarques de ma part : c’est un témoignage de l’immense confiance que les actionnaires ont en la capacité d’André à diriger cette maison, confiance que je partage. L’autre remarque est que le groupe est en ordre et les raisons de ce départ ne tiennent pas du tout à un problème caché qu’il pourrait y avoir à l’intérieur de Wendel ", a tenté de rassurer Nicolas ver Hulst, insistant sur le fait que la société d’investissement "était solide" financièrement.
Des explications qui cependant ont laissé les actionnaires présents sur leur faim puisqu’aucune information complémentaire ne leur a été fournie sur ce sujet malgré plusieurs questions posées à la fin de la séance. Leur curiosité quant à l’avenir de André François-Poncet n’a pas non plus été assouvie. Le président du directoire, lors de sa prise de parole, s’est simplement contenté de répéter qu’il partait pour des raisons qui le concernent "personnellement et un désir profond d’avoir une activité plurielle" avant d’ajouter qu’il était "en bonne santé " et qu’il ne voulait pas croire que la chute du cours de bourse était liée à son départ. "Je n’ai aucun plaisir à voir le cours de l’action Wendel aller dans la mauvaise direction ", s’est-il exprimé. Les dirigeants ont clos le sujet en annonçant le lancement d’un processus de recrutement et une future nomination qui devrait intervenir au cours du second semestre prochain. D’ici là, André François-Poncet restera à la manœuvre avec David Darmon, actuel directeur général et membre du directoire.
Des acquisitions passées inaperçues
En attendant, l’annonce du départ du président du directoire a totalement éclipsé les autres présentations du groupe et notamment celles de ses résultats portés par Bureau Veritas, son plus gros actif (35,5% des parts au capital). "Son chiffre d’affaires 2021 est en croissance organique à 9,4% sur un an. Bureau Veritas possède un bilan d’autant plus solide qu’il a su résister à une cyber-attaque l’année dernière ", a rappelé André François-Poncet.
Les dirigeants ont pourtant réitéré leurs ambitions pour 2022, le chiffre d’affaires consolidé de Wendel au premier trimestre 2022 étant en hausse de 14,9% et en progression de 9,9% en croissance organique.
Surtout, l’assemblée générale aurait dû être un moment de satisfaction. 2021 fut en effet la première année pour la société d’investissement de la mise en œuvre de sa feuille de route 2021-2024. Ce plan doit à terme permettre de constituer pour le groupe un portefeuille de sept à dix sociétés grâce à de nouveaux investissements en capitaux propres, d’un montant unitaire fixé entre 150 et 500 millions d’euros.
Pour ce faire, deux nouvelles opérations importantes ont eu lieu l’année dernière : l’une dans le rachat de titres de la multinationale française Tarkett, spécialisée dans les revêtements de sols et surfaces de sports, détenue par la famille Deconinck et l’autre, finalisée le 10 mars dernier, aux Etats-Unis, d’un montant d’environ 300 millions d’euros, dans ACAMS (Association of Certified Anti-Money Laundering Specialists), leader mondial des services de formation de certification dans la lutte anti-blanchiment et la prévention de la criminalité financière.
Le groupe a par ailleurs cédé Cromology, entreprise du secteur de la peinture décorative, à Dulux group, le 21 janvier dernier. "Sur les douze derniers mois jusqu’à la fin du mois de mars 2022, nous avons investi environ 640 millions d’euros et réalisés près de 900 millions d’euros de cession ", s’est félicité le président du directoire.
Une ouverture à la gestion pour compte de tiers ?
De belles opérations qui n’ont toutefois pas empêché les dirigeants de Wendel de se montrer prudents, à plusieurs reprises au cours de la séance, quant à l’impact de la guerre en Ukraine sur l’entreprise familiale. "Il existe aujourd’hui beaucoup d’incertitudes sur les prix, la disponibilité des matières premières, les fortes pressions inflationnistes, les confinements qui reprennent dans certains pays comme la Chine ", a alerté David Darmon.
Un sujet que devra en conséquence immédiatement prendre en main le successeur d’André François-Poncet dès son arrivée. "Le nouveau président du directoire devra écrire une nouvelle page pour la maison Wendel, redéployée vers des actifs de croissance et avoir la capacité d’incarner lui aussi une très grande entreprise familiale européenne cotée et actionnaire de référence de Bureau Veritas", a précisé Nicolas ver Hulst.
Un nouveau chapitre dans l’histoire du holding tricentenaire qui pourrait également être celui, dans un contexte de forte concurrence, de la conversion du groupe en un gestionnaire pour compte de tiers (investissement de capitaux levés auprès d’investisseurs autres que la famille), un modèle jusqu’ici écarté par Wendel-Participations SE (actionnaires familiaux de référence avec 39,3% du capital) mais déjà adopté chez son rival Eurazeo.
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