Macro-économie / Taux / défaillances
Macro-économie / Taux
défaillances
Redémarrage des défaillances
Au deuxième trimestre 2021, on ne dénombre pas moins de 6 587 défaillances d'entreprises. Il s'agit là de sociétés qui ont fait l’objet d’une ouverture de procédure de sauvegarde, redressement judiciaire ou liquidation judiciaire directe, d'après Altares le leader mondial de la data sur les entreprises. Malgré tout, le nombre de sociétés en faillite sur cette période est bien en deçà de la moitié des volumes d’avant crise. En 2019, on en comptait 12 347.
Il est remarquable de constater que les aides de l’État portent leurs fruits puisqu’en 2020, au plus fort de la crise, le nombre d’emplois menacés (43 400) a été maintenu au niveau d’avant pandémie. Et en 2021, seulement 19 530 d'emplois sont menacés. Sectoriellement, le bâtiment a subi de plein fouet le redémarrage économique avec 37 % de défaillances supplémentaires, de même que les transports et la logistique à hauteur de 21,1 %. Au contraire, sans surprise, la restauration et l’hôtellerie affichent un fort rebond et présentent 28 % de procédures juridiques de moins qu’en 2020. Géographiquement, l’île de France (37,3 %) et la Provence-Alpes-Côte-d’Azur (36,9 %) sont les plus concernées par les défauts d’entreprises pendant que la Normandie (-24 %), la Bretagne (-21 %) et les Hauts-de-France (-11 %) continuent de s'en sortir avec brio.
Bien que Florent Delorme, directeur des investissements, stratège macro chez M & G, estime que l’arrêt des perfusions financières publiques laissera place à une vague d'entreprises non rentables, Thierry Million, directeur des études Altares Dun & Bradstreet rassure, "cela ne devrait pas déclencher sur les trois derniers mois de l’année une forte poussée des défaillances et un retour au niveau de 2019". Les entreprises vont favoriser "la médiation et le traitement à l’amiable des retards de paiement". Malgré tout, une flambée des prix persistante des matières premières au-delà de l’été pourrait malmener les trésoreries, poussant les entreprises à grignoter encore davantage sur les crédits fournisseurs et les délais de paiement.
La question de la défaillance des entreprises ne date pas de la crise. Force est de constater que depuis 2014, les défauts sont en baisse progressive passant de 64 498 sur 12 mois glissant en juin 2014 à 54 579 en juin 2019. La tendance plonge depuis lors à pic ; aujourd’hui seulement 29 500 défaillances sont annoncées. Avec cette remontée sur le deuxième trimestre, sommes-nous aux prémices d’une recrudescence durable des défauts, reflet des niveaux d’avant crise ? Il faudra plusieurs mois avant d'en être certains.
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