WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
étude sur les défaillances

Entreprises / Actions / S&P Global / défaillances / défauts

Entreprises / Actions
S&P Global / défaillances / défauts

Les défauts d'entreprises sur la route d'un record cette année

Les incidents frôlent déjà leur niveau de l’année 2009. Les régulateurs sont moins intervenus que pendant la crise financière de 2008.
Illustration euros
Illustration euros

Passées les violentes chutes de chiffres d’affaires et de bénéfices – ou souvent les pertes – annoncées par les entreprises au deuxième trimestre du fait de la crise sanitaire, l’on sait que le plus dur est à venir : l’explosion du chômage a des conséquences à retardement et les aides publiques, qui ont maintenu le secteur privé la tête hors de l’eau pendant de confinement, verront leurs effets s’estomper. La santé des entreprises, qui se sont endettées pour survivre alors qu’elles subissent la baisse de la consommation, s’en trouve déjà fragilisée. En témoigne, la hausse des défauts de paiement.

Ainsi, le nombre de sociétés qui ont fait défaut depuis le début de l’année a atteint un nombre de 152 dans le monde à la date du 5 août, soit cinq de plus qu’une semaine avant, selon le dernier décompte de S&P Global parmi les sociétés que l’agence de notation suit. La notion de "défaut" comprend le non-paiement des intérêts ou du principal, la cessation de paiement, les restructurations financières hors tribunaux et l’intervention d’une autorité de tutelle.

En Europe, S&P a décompté 20 défauts, un niveau encore jamais atteint à ce stade de l’année et qui dépasse largement le record précédent de 15 déclarations, atteint en 2009. "Avec plus de quatre mois restants encore à couvrir en 2020, le décompte européen des défauts pour l’année entière va probablement dépasser le record précédent de 22 défauts établi en 2009", préviennent les auteurs de l’étude.

La dégradation de la solvabilité des corporates européens doit en particulier aux entreprises britanniques : deux d’entre elles ont fait défaut au cours de la semaine du 5 août (Missouri TopCo et Nostrum Oil and Gas). Le Royaume-Uni qui représente 40% des sociétés en défaut depuis le début de l’année sur le Vieux continent. De quoi corroborer la forte dégradation de l’économie britannique observée au deuxième trimestre, confirmée aujourd’hui par la publication du PIB ce matin.

En termes sectoriels, les produits de consommation courante et les hydrocarbures sont les plus touchés depuis le début de l’année : ils représentent respectivement 29 et 26 défauts dans le monde et 5 cas chacun en Europe.

L’analyse des raisons des incidents montre une différence notable par rapport à la précédente grande crise, l’explosion de la bulle des subprimes de 2008. Cette année, la cause principale – de loin – est le non-paiement des intérêts ou du principal ; elle représente 60 incidents au 6 août, soit autant que pour l’ensemble de l’année 2016. Le record de 85 atteint en 2009 n’est pas loin. C’est la conséquence logique de l’effondrement des chiffres d’affaires et des flux de trésorerie, qui affectent directement la capacité de remboursement des entreprises. Or en 2009 (étant donné l’effet de décalage de toute crise), ce sont les interventions des autorités qui étaient à l’origine de la majorité des défauts – essentiellement dans les secteurs financiers (institutions de crédit, banques, assurances, gestion d’actifs, réhausseurs de crédit…), beaucoup plus surveillés et qui nécessitent une intervention rapide étant donné leur dangerosité potentielle.

Il ne faut pas s’attendre à une amélioration de la situation financière des entreprises au cours des trimestres à venir. "En dépit des mesures importantes de soutien à la liquidité, plusieurs secteurs parmi les plus affectés font face à des probabilités accrues de défaut : leurs business models, leur génération de cash-flow et leurs structures de capital se sont déformés sous la pression. Pour beaucoup, le risque n’est plus supportable", explique l’agence, qui s’attend à ce que le taux de défaut des sociétés notées en catégorie spéculative passe de 3,4% au 30 juin 2020 à 8,5% au 31 mars 2021 – soit une multiplication par 2,5.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article