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Macro-économie / Taux / S&P Global / marché obligataire / Dette

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S&P Global / marché obligataire / Dette

Les Etats vont – encore – inonder les marchés obligataires

L’agence de notation S&P Global anticipe que les émissions de dette souveraine atteindront 12.600 milliards de dollars cette année. Bien que ce soit un chiffre en baisse par rapport à l’an passé, c’est 50% de plus que la moyenne d’avant-crise.
Salle des marchés de l’AFT - Agence France Trésor - obligations souveraines
Salle des marchés de l’AFT - Agence France Trésor - obligations souveraines

 

Les marchés obligataires souverains mondiaux vont de nouveau connaître une activité assez intense cette année pour répondre aux besoins de financement des Etats toujours aux prises avec la crise pandémique. Selon l’agence de notation S&P Global, les émissions de dettes souveraines devraient représenter 12.600 milliards de dollars cette année, contre 16.300 milliards de dollars en 2020. Bien qu’en baisse de 20 %, ce montant est encore 50 % supérieur à sa moyenne de la période d'avant la crise du coronavirus, précise l'agence de notation dans son étude.

Ainsi, sur 2020 et 2021, l'endettement supplémentaire des Etats directement lié à la crise sanitaire et à son impact économique devrait représenter 10.900 milliards de dollars, estiment les économistes de S&P Global, soit l'équivalent de plus de 13 % du Produit intérieur brut (PIB) mondial. En conséquence de quoi, l'encours total d’obligations émises par les émetteurs souverains atteindrait un record de 67.500 milliards de dollars (75 % du PIB mondial) d'ici la fin de l'année – les Etats-Unis et le Japon représentent à eux deux plus de la moitié du stock.

Rappelons qu’en 2020, 85 % des émissions souveraines ont été le fait de huit pays (le G-7 et la Chine), dont près de 50 % pour les seuls Etats-Unis. Paradoxalement, malgré une augmentation plus prononcée de la dette de ces pays par rapport à la moyenne mondiale des souverains, "nos notations sur les souverains développés n'ont guère changé jusqu'à présent", reconnaît S&P Global. "Parmi ce groupe, seules l'Australie et l'Espagne ont une perspective négative, alors que toutes les autres perspectives de notation des souverains des marchés développés sont stables", remarque l’agence de notation.

La raison ? "Outre la solidité inhérente de leur crédit (institutions solides, richesse économique et flexibilité monétaire exceptionnelle), cette résistance des notations s'explique par le fait que, malgré l'augmentation de l'encours de la dette, le coût du service de celle-ci est resté relativement stable", expliquent les économistes de S&P Global. Mieux que ça, les coûts d'emprunt actuels sont bien inférieurs au taux d'intérêt effectif de l'encours de la dette dans de nombreuses régions du monde développé, grâce à l’action des banques centrales. Le taux d’intérêt apparent (la charge d’intérêt rapportée à la dette totale) va donc encore être amené à fléchir.

Ce phénomène sera-t-il pour autant durable ? Pour l'agence de notation qui prévoit un retour des PIB à leur niveau d'avant-crise,"d'ici 2022, ou 2023 dans certains cas",  l'inflation constitue "un risque pour le scénario d'environnement de taux d'intérêt bas". "Elle pourrait pousser les Banques centrales à augmenter les taux d'intérêt, annulant en partie les avantages des faibles coûts du service de la dette. Nous considérons néanmoins que cela est peu probable", anticipent les économistes de S&P Global. Si ces derniers reconnaissent qu'il pourrait y avoir une accélération de l'inflation si l'économie mondiale se rouvre, ils pensent qu'elle sera "probablement temporaire". "Il est également plus probable que les banques centrales seront prêtes à tolérer une certaine inflation avant de modifier les taux de façon significative", concluent-ils. Un scénario loin d'être improbable au regard du nouveau mandat de la Réserve fédérale américaine - qui lui incombe d'atteindre une inflation de 2 % en moyenne au cours du temps - et des déclarations de certains membres du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne qui se disent prêts à laisser l'inflation dépasser pendant quelque temps sa cible.

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