Macro-économie / Taux / Bill Gross / marché obligataire / Etats-Unis
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Bill Gross / marché obligataire / Etats-Unis
Bill Gross sort - encore - la sulfateuse
Il est connu pour ne pas avoir la langue dans sa poche et le prouve encore une fois. Bill Gross, légende du marché obligataire et fondateur du mastodonte de la gestion d’actifs Pimco, s’en est pris vertement - comme Warren Buffett - aux obligations du Trésor américain, dans une note faisant état de ses perspectives d’investissement. "Cela fait longtemps que le cash ne rapporte plus rien, mais il y a maintenant de nouveaux concurrents pour les investissements poubelles. Les fonds obligataires à moyen et long terme en font certainement partie […]", écrit-il.
"À 1,25 % pour les bons du Trésor à 10 ans, les taux d’intérêt ne peuvent qu'augmenter", estime l’Américain. C’est en effet un phénomène qui a tout d'une énigme pour bon nombre d'analystes et gérants obligataires. Alors que l’économie américaine croît à un rythme assez soutenu, que l’inflation s’affiche à un niveau historiquement élevé et que le déficit budgétaire apparaît encore massif, les taux d’intérêt à dix ans ont dégringolé de 50 points de base depuis leur plus haut en mars.
D'aucuns expliquent cet état de fait par des facteurs techniques : les émissions obligataires furent moins importantes cette année car le Trésor a financé une partie de ses dépenses grâce aux liquidités abondantes qu’il avait à disposition sur son compte à la Réserve fédérale américaine (à cause de la grosse quantité d'émissions qu'il a réalisées l’an passé) tandis qu'en face, la Banque centrale rachète une proportion significative (sur le marché secondaire) de ce qui est émis.
Or, la demande de Treasuries pourrait bien être amenée à faiblir d'ici peu compte tenu du fait qu'"il est plus qu'évident que le déluge de 120 milliards de dollars par mois de la Réserve fédérale prendra fin vers le milieu de l'année 2022, étant donné que l'inflation est supérieure à 2 % et que les perspectives de croissance économique restent optimistes", souligne Bill Gross, alors que Jerome Powell, président de la Fed, s'est déclaré, vendredi dernier, favorable à un ralentissement des achats d'actifs dès cette année si l'économie évoluait comme escompté.
"Aux États-Unis, l'Institut de la finance internationale a constaté qu'au cours de l'année écoulée, la Fed a absorbé 60 % des émissions nettes par le biais de l'assouplissement quantitatif, le reste étant acheté ailleurs. Dès lors, dans quelle mesure les marchés privés seront-ils disposés à absorber ces futurs 60 % au milieu de l'année 2022 et au-delà ?", pointe Bill Gross, qui estime que les taux d’intérêt américains à dix ans atteindront 2 % au cours de l’année à venir.
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