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L'État retient encore la vague des défaillances d'entreprises
D’après les chiffres de la Banque de France, le nombre de défaillances d’entreprises a encore baissé sur un an au mois de septembre. Il y en a 27 359 en moins, soit un recul de 25,1 % par rapport à la même période un an plus tôt. Encore plus significative est l'évolution sur 12 mois glissants : le nombre de défaillances a chuté de 48% au 30 septembre 2021 par rapport à la même période en 2020. On peut donc en déduire que la crise a préservé les entreprises, ce qui est largement paradoxal, avec les confinements et autres mesures de restrictions qui ont entraîné des très forts ralentissements de l’activité économique. En effet, en 2020 le PIB s’est contracté de 8 %. Pourtant, même les secteurs les plus touchés par les mesures de restrictions comme l’hébergement restauration et le commerce ont connu une diminution de leurs défaillances sur un an de respectivement 44,2 % et 28,1 %.
Le maintien à un niveau historiquement bas des faillites est illusoire. En effet, ceci s’explique tout d’abord par des périodes de confinements qui ont entravé le fonctionnement des juridictions commerciales. Une grande partie des tribunaux était fermée du 16 mars au 11 mai 2020. Cette fermeture a donc reporté l'avancement d’un certain nombre de procédures. Ensuite, la réglementation a accordé temporairement des délais supplémentaires pour apprécier l’état de cessation de paiements et pour le déclarer. La Banque de France estime que ces dispositions temporaires ont potentiellement produit leurs effets jusqu’au 10 octobre 2020. Enfin, l’État, pour éviter un niveau historiquement élevé de défaillances d’entreprises a apporté son soutien par différentes mesures, comme les fonds de solidarité, le recours à l’activité partielle, les exonérations et les reports de charges sociales, la mise en place de moratoires concernant les dettes bancaires et les loyers, les prêts garantis par l’État (PGE), les prêts directs de l’État aux entreprises et les mesures d’urgence pour les secteurs en sous-activité prolongée. Ainsi, l’économie est totalement dopée par les décisions des autorités publiques.
Cependant, les dispositifs de soutien à l’économie ont été progressivement abandonnés jusqu’à la fin du mois de septembre 2021. Ils seront remplacés par des aides plus ciblées sur les secteurs les plus touchés par la crise. Par ailleurs, de nombreuses entreprises vont devoir composer avec l’amortissement des PGE. Elles sont 690 000 à en avoir obtenu un, dont environ 460 000 dès le début du dispositif. De plus, les organismes sociaux ont eu tendance à manquer d’efficacité pendant la crise comme l’a décrié la Cour des comptes. En effet, par exemple les redressements en faveur de l’Urssaf sont passés de 1,5 milliard d’euros en 2019 à 1,1 milliard en 2020 et le montant des impayés concernant les prélèvements sociaux pour les secteurs privés et les indépendants fin 2020 a atteint 17,6 milliards d’euros. C’est du jamais vu. Avec un trou de la Sécurité sociale toujours plus profond, les organismes sociaux seront beaucoup plus vigilants à l'avenir pour les fraudes et les impayés, ce qui ne se fera pas sans douleur. Enfin, actuellement l’économie est en tension dans certains secteurs à cause des difficultés d’approvisionnements, de recrutement et de la hausse des prix des matières premières. Cette tension est aussi due à une importante reprise, qui a alourdi les besoins de fonds de roulement. In fine, avec l’arrêt du "quoi qu’il en coûte", les entreprises seront mises à rude épreuve.
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