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Macro-économie / Taux / Banque de France / PGE / Dette / entreprises

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France : une entreprise sur seize en danger ?

Une étude de la Banque de France indique que 6 à 7 % du total des entreprises analysées pourraient rencontrer des difficultés lors de la fin des mesures d’accompagnement.
Bruno Le Maire
Bruno Le Maire

La levée des mesures d’aide exceptionnelles pourrait provoquer moins de dégâts que beaucoup ne l’anticipaient. Une étude de la Banque de France avance que 6 à 7 % du total des entreprises analysées pourraient rencontrer des difficultés lors de la fin des mesures d’accompagnement. Pour parvenir à ce résultat, l’institut d’émission a décortiqué les bilans et les comptes de résultat de plus de 200 000 entreprises entre le 30 juin 2020 et le mois de janvier 2021 en les comparant à leur situation un an auparavant.

En mettant en regard la croissance de leur dette brute et de leur trésorerie, l’étude de la Banque centrale estime que l’augmentation de la dette nette des entreprises non financières n’a augmenté "que" de 9 milliards d’euros entre fin décembre 2019 et fin mars 2021. La raison ? Les Prêts garantis par l’État. Cette mesure mise en place par le gouvernement au début de la crise pandémique a permis à une majorité d’entreprises de maintenir ou d’améliorer leur trésorerie malgré une diminution de leur chiffre d’affaires ; plus de sept entreprises étudiées sur dix (73 %) voient leur trésorerie stable ou en hausse. Or, plus d’une entreprise analysée sur quatre a eu recours à ce dispositif et elles sont, "à la fois proportionnellement plus nombreuses à afficher une trésorerie stable ou en augmentation (plus de 89 %)", de plus elles connaissent une progression de leur trésorerie "plus importante que celles qui n’ont pas utilisé ce dispositif", indiquent Vanessa Doucinet, David Ly et Ghjuvanni Torre, auteurs de l’étude.

Reste que, si une majorité d’entreprises a pu observer une hausse de sa trésorerie, environ une sur sept connaît à la fois une hausse de son endettement et une baisse de sa trésorerie. "Elles doivent donc faire l’objet d’une vigilance particulière, secteur par secteur", explique l’étude, même si, "il y a aussi des entreprises en bonne santé financière" qui sont dans cette situation.

Parmi les entreprises qui ont observé un effet ciseaux, les auteurs ont cherché à identifier celles potentiellement fragilisées mais économiquement viables, qui pourraient connaître des difficultés lors de la fin des mesures d’accompagnement mises en place par l’État. Sur la base des cotes de crédit qu’attribue la Banque de France (appréciation de la capacité d’une entreprise à honorer ses engagements financiers à un horizon d’un à trois ans), les auteurs ont écarté les entreprises les mieux cotées avant-crise (cotes de 3++ à 4+), qui disposent d’une situation suffisamment favorable pour faire face au choc, ainsi que les entreprises les plus mal cotées (cotes 6 à P), très fragiles avant même la crise.

Il en ressort que 6 à 7 % des entreprises cotées "devront faire l’objet d’un suivi attentif". Évidemment, cette proportion est plus élevée dans des secteurs particulièrement mis à mal à cause de la crise pandémique et des mesures prophylactiques qui en ont résulté ; le chiffre est compris entre 10 et 13 % pour l’hébergement-restauration.

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