Professions financières / Société Générale / Banque de détail
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Société Générale / Banque de détail
La Société Générale poursuit sur sa lancée
Restructurée, la Société Générale oublie ses déboires du premier semestre de l’année dernière. Pour la première moitié de l’exercice en cours, la banque française a considérablement redressé ses comptes, le deuxième trimestre confirmant la tendance du premier. Mais contrairement à celui-ci, l’amélioration n’est plus le fait exclusif des activités de Banque de financement et d’investissement (BFI), qui avaient été à l’origine des difficultés du groupe au plus fort de la crise sanitaire et qui avaient concentré ses efforts de redressement : tous les métiers ont cette fois contribué à la hausse importante de son produit net bancaire (PNB), qui atteint 6,26 milliards d’euros (+18,2 % en glissement annuel). Chacun d’entre eux a même dépassé le consensus des prévisions des analystes.
Concernant sa rentabilité, la Société Générale réalise son meilleur trimestre en cinq ans, en engrangeant un bénéfice net de 1,44 milliard d’euros - qui offre un contraste saisissant avec la perte de 1,26 milliard accusée un an plus tôt. C’est notamment le résultat d’un coût du risque particulièrement faible : les provisions pour créances douteuses représentent 11 points de base de l’encours, contre 97 pb un an plus tôt, tandis que le montant des provisions a chuté de 88,9 % à 142 millions d’euros. "Contrairement à certaines de nos homologues, notamment américaines, c’est la conséquence d’une baisse du risque de défaillance, non pas de reprises de provisions", a insisté Frédéric Oudéa, le directeur général du groupe. Les établissements outre-Atlantique ont en effet affiché des résultats extrêmement flatteurs après des reprises de provisions massives.
En conséquence, la Société Générale a réévalué certaines estimations pour l’ensemble de l’exercice 2021. Elle prévoit un coût du risque compris entre 20 et 25 pb, contre une prévision précédente de 30 à 35 pb.
La surprise est venue de la banque de détail en France, alors que cette activité souffre depuis des années de la faiblesse persistante des taux d’intérêt dans les économies développées et d’une concurrence farouche dans l’Hexagone, qui tirent les revenus et la rentabilité vers le bas. Le PNB de la Société Générale en banque de détail a ainsi progressé de 8,7 %. Ses bénéfices d’exploitation et net ont également explosé, septuplant pour chacun d’entre eux pour atteindre respectivement 603 millions (alors que le consensus prévoyait un montant inférieur de 64 %, soulignent les analystes de Barclays) et 438 millions d’euros. Confiant dans cette dynamique, le groupe s’attend désormais à une progression des revenus dans l’ensemble de ses pôles y compris la banque de détail en France, ce qui n’était pas le cas jusqu’ici. Ce pôle fait d’ailleurs l’objet d’une réorganisation avec le rapprochement du réseau du Crédit du Nord de celui de la Société Générale stricto sensu.
La BFI, dont un plan stratégique a été annoncé en mai dernier, a, de son côté, poursuivi son redressement au deuxième trimestre : son PNB a progressé de 25 % - le quintuplement des revenus sur actions compensant largement la baisse de 33 % des revenus sur les marchés de taux et changes (qui ont souffert la comparaison après un premier semestre 2020 particulièrement dynamique).
Les analystes et les investisseurs ont salué la teneur des comptes du deuxième trimestre, ainsi que la révision des prévisions du groupe. L’action Société Générale bondissait de 7 % un peu avant 15h30.
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