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Carrefour / Bernard Arnault / Financière Agache
Carrefour : le marché pleure le départ de Bernard Arnault
Bernard Arnault clôt une histoire de 14 ans avec Carrefour. Son holding Agache a annoncé hier après Bourse sa décision de vendre sa participation résiduelle (de 5,7%) au capital du groupe de grande distribution pour 724 millions d’euros, au prix de 16 euros par action. Ce départ faisait partie des éventualités, étant donné que l’homme d’affaires avait entamé son retrait il y a un an.
Bernard Arnault ne fournit pas d’explication précise sur les raisons derrière son opération de marché "Après 14 années au cours desquelles nous avons soutenu Carrefour en tant qu'actionnaire de long terme, nous avons décidé de poursuivre la réorientation de nos investissements", se contente-t-il d’indiquer dans le communiqué publié par le groupe Agache. Dans son communiqué, Carrefour fait de la décision une suite logique – "cette annonce finalise le mouvement de sortie progressive du capital initié en septembre 2020", explique ainsi le distributeur. Le milliardaire français avait alors vendu 3,1% du capital de Carrefour pour une opération de couverture.
Mais le placement (effectué à travers une constitution accélérée de livre d’ordres réservé à certains investisseurs institutionnels) a été vécu comme un choc par les investisseurs : l’action perdait ainsi plus de 5% peu après l’ouverture de la Bourse et s’est stabilisée autour de -4%, autour de 16 euros. La cession des titres a tout autant surpris certains analystes. Ceux de Brian Garnier y voient un signal négatif et évoquent une "capitulation" de Bernard Arnault, las de l’absence de perspective de retour sur son placement. L’homme d’affaires a accusé une perte sur investissement importante, puisqu’en 14 ans, la capitalisation boursière de Carrefour a fondu de plus de 60% : son entrée au capital s’est faite au prix moyen de… 47 euros par action – même si la moins-value a été atténuée par le versement des dividendes et le fruit de la vente de Dia, l’enseigne de hard discount qui appartenait à Carrefour.
Le blocage de l’offre amicale du canadien Couche-Tard par les autorités françaises en janvier 2021 a sans doute douché les derniers espoirs de l’homme d’affaires dans une opération qui aurait soutenu le cours du titre et lui aurait permis de sortir sans perdre trop de plumes. Désormais, si Carrefour conserve un attrait spéculatif étant donné sa faible valorisation, les candidats potentiels ne semblent pas si nombreux – en tout cas ils ne se bousculent pas au portillon pour l’instant. Des fonds activistes pourraient aussi se manifester, mais cela reste hypothétique.
Le groupe Agache avait acquis 9,1% du capital de Carrefour en 2007, alors que la direction du groupe de l’époque était fragilisée, de conserve avec le fonds Colony Capital. Ils étaient montés à plus de 15% des droits de vote et 10% du capital, jusqu’à ce que Colony quitte définitivement le navire en 2017, laissant la galaxie Arnault avec 8,74% du capital et 11,46% des droits de vote.
L’opération d’hier a été dirigée par Société Générale, coordinateur global, chef de file et teneur de livre, avec BNP Paribas et Natixis comme chefs de file et teneurs de livre associés. Désormais, les principaux actionnaires de Carrefour sont la famille Moulin (avec 12,5% du capital) et le milliardaire brésilien Abilio Diniz (avec 7,56%).
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