WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
rémunération, salaire

Entreprises / Actions / umg / Vivendi / Vincent Bolloré / Lucian Grainge

Entreprises / Actions
umg / Vivendi / Vincent Bolloré / Lucian Grainge

Le jackpot des dirigeants d’UMG

L’opération de cotation du label musical profitera bien entendu au Groupe Bolloré, premier actionnaire de la maison-mère Vivendi. Mais on retiendra surtout de l'opération les conditions financières exceptionnelles dont bénéficient - à tous les étages - les trois principaux dirigeants d’UMG. ​​​​​
Sir Lucian Grainge, P.-D.G. d'Universal Music Group
Sir Lucian Grainge, P.-D.G. d'Universal Music Group

Le processus est enfin lancé. Vivendi a lancé ce matin le processus d’admission à la cotation de sa filiale Universal Music Group (UMG), qui aura lieu à la Bourse d’Amsterdam le 21 septembre : les autorités boursières néerlandaises viennent d’approuver le prospectus de l’opération.

La valorisation recherchée ne surprendra personne : elle représente 33 milliards d’euros pour 100 % du capital. C’est sur une base de prix quasiment équivalente que Vivendi a vendu cet été en deux temps une participation dans UMG de 10 % au fonds Pershing Square (pour 3,95 milliards de dollars, soit 3,4 milliards d’euros) et qu’il avait vendu en deux temps également, l’année dernière, 20 % du capital du label musical au chinois Tencent, pour 6 milliards d’euros.

Pour rappel, l’opération consiste en la distribution des actions UMG encore en possession de Vivendi à ses propres actionnaires, soit 60 % du capital. UMG constitue la "pépite" du groupe contrôlé par Vincent Bolloré. Son chiffre d’affaires a réussi à progresser de 4 % en 2020 malgré la crise (atteignant 7,43 milliards de dollars), tandis qu’il a décollé de 17 % au premier semestre 2021 (à 3,8 milliards).

L’opération ne constitue pas une perte pour Vivendi, puisqu’il a quand même empoché 9,4 milliards d’euros, et encore moins pour… Vincent Bolloré, dont le Groupe Bolloré est le premier actionnaire de Vivendi (à hauteur de 26 % du capital et de 29,73 % des droits de vote) et deviendra mécaniquement le principal actionnaire d’UMG.

Mais c’est tout autant pour les dirigeants d’UMG que l’opération est juteuse, en particulier son emblématique CEO Sir Lucian Grainge (anobli par la Reine Elizabeth). Des termes aussi favorables feront date, autant qu’ils feront jaser.

En effet, le prospectus indique que la rémunération annuelle fixe de Lucian Grainge atteint 12,86 millions d’euros, tandis que celle de Boyd Muir (vice-président exécutif, directeur financier et président des opérations) dépasse 1,73 million d’euros et celle de Vincent Vallejo (directeur général adjoint) 960 000 euros.

Bien entendu, ces trois dirigeants sont également éligibles à une rémunération variable annuelle en numéraire. "Sir Lucian" recevra un bonus cash représentant 1 % de l’Ebita (résultat d’exploitation sans l’amortissement des écarts d’acquisition) de l’exercice en question. Pour information, l’Ebita d’UMG en 2020 représentait 1,33 milliard d'euros… Le dirigeant anobli pourra également bénéficier d’un bonus cash sous condition (contingent) de presque 8,58 millions d’euros par an en fonction de l’atteinte d’objectifs financiers et non-financiers.

Boyd Muir pourra, lui, toucher près de 1,64 million d’euros et son collègue Vincent Vallejo 50 % de son salaire annuel fixe.

150 millions d'euros de prime à la cotation...

Cerise sur le gâteau, ces trois dirigeants recevront un bonus pour leur rôle dans l’opération (transaction bonus) de la part de Vivendi. Il ne sera pas petit. Lucian Grainge "va recevoir une prime de négociation payée par Vivendi dont le montant sera égal à (i) 150 millions de dollars plus 1 % de la valeur implicite de 100 % du capital d’UMG au-dessus de 30 milliards de dollars ; et (ii) le pourcentage d’actions UMG qui sont transférées par Vivendi en vertu de la distribution. Ce bonus devrait être versé avant le 20 octobre". Sachant que le CEO a déjà reçu, en février dernier, une prime de… 17,53 millions d’euros pour son rôle d’intermédiaire dans l’acquisition par Tencent de la deuxième tranche de 10 % du capital d’UMG en décembre 2020, et qu’il va en recevoir une autre ce mois-ci – d’un montant non précisé – pour son rôle dans la montée au capital de Pershing Square au cours de l’été.

Boyd Muir recevra pour sa part deux versements en actions. De la part d’UMG, des actions représentant près de 12,3 millions d’euros (versés sur trois ans). De la part de Vivendi, l’équivalent de 6,14 millions d’euros si la capitalisation du label atteint 30 milliards d’euros à son admission et de 1,54 million d’euros de plus si la capitalisation dépasse les 40 milliards. Vincent Vallejo, lui, recevra d’UMG 800 000 euros en cash après la cotation d’UMG et la même somme en avril 2022.

Ces rémunérations ont bien entendu été validées par le comité des rémunérations du board d’UMG, présidé par Anna Jones et composé d’Antoine Fievet, Margaret Frerejean-Taittinger, Cathia Lawson-Hall et James Mitchell.

Sans compter que Lucian Grainge touchera en outre une rémunération annuelle de 50.000 euros pour le poste de président du conseil d’administration. Toute peine mérite salaire.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article