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Macro-économie / Taux / Etats-Unis / plafond dette

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Etats-Unis / plafond dette

Les États-Unis bientôt fauchés ?

Depuis le 1er août, le plafond régissant la dette maximale que l’Oncle Sam peut contracter au niveau fédéral a été rétabli. Si le Congrès ne trouve pas d’accord pour le suspendre de nouveau ou le relever d'ici le courant du mois d'octobre, l’État ne sera plus en mesure d’assurer ses dépenses, a alerté Janet Yellen, secrétaire au Trésor.
Janet Yellen, secrétaire au Trésor des Etats-Unis - JUSTIN TALLIS / POOL / AFP
Janet Yellen, secrétaire au Trésor des Etats-Unis - JUSTIN TALLIS / POOL / AFP

L’heure tourne. D’ici quelques semaines, l’État fédéral américain pourrait ne plus être en capacité d’assurer ses dépenses, si le plafond correspondant à l’endettement maximal qu’il lui est possible de contracter n’est pas suspendu ou relever. Cette pénurie de liquidités devrait intervenir au cours du mois d’octobre, a averti Janet Yellen, secrétaire au Trésor, dans une lettre adressée - il y a quelques jours - aux parlementaires, les pressant de trouver un accord.

Pour rappel, depuis 1917, il a été fixé un plafond d’endettement fédéral maximum que le Trésor se doit de ne pas dépasser. À l’époque, il s’agissait de gagner en flexibilité pour la puissance publique qui pouvait s’endetter et financer ses dépenses de guerre sans demander l’avis du Congrès - chaque emprunt devait faire l’objet d’une autorisation de la part du Congrès avant l’apparition de cette loi. Depuis lors, la dette fédérale n’a fait que croître et le Congrès fut très souvent sollicité pour suspendre ou relever ce plafond. Ainsi, le Trésor indique que depuis 1960, le Congrès a agi 78 fois pour relever de façon permanente ou suspendre ce plafond - 49 fois sous des présidents Républicains et 29 fois sous des présidents Démocrates.

C’est en août 2019 que cette procédure a eu lieu pour la dernière fois ; Donald Trump était au pouvoir et le Congrès s’était accordé pour suspendre le plafond, une suspension qui courait jusqu’à fin juillet 2021. Ainsi, depuis le 1er août, le Trésor ne peut plus recourir à l’emprunt pour financer ses dépenses telles que le paiement des intérêts sur sa dette. En conséquence de quoi, il racle les fonds de tiroirs et a pris des "mesures extraordinaires", selon les mots de Janet Yellen, consistant à couper ses investissements, entre autres, dans le régime d'épargne retraite des fonctionnaires fédéraux.

Reste que, ces mesures ne font que retarder l'inévitable qu'est le défaut de paiement - sans compter l'impossibilité de verser le salaire des fonctionnaires - de seulement quelques semaines. "Les impasses précédentes concernant la limite de la dette nous ont appris qu'attendre jusqu'à la dernière minute pour suspendre ou augmenter la limite de la dette peut nuire gravement à la confiance des entreprises et des consommateurs, augmenter les coûts d'emprunt à court terme pour les contribuables et avoir un impact négatif sur la note souveraine des États-Unis", a prévenu Janet Yellen. Et pour cause, à l'été 2011, la dégradation de la note souveraine américaine décidée par l'agence Standard and Poor's (la note est passée de AAA à AA+) était en partie le fruit des négociations laborieuses des parlementaires pour augmenter le plafond.

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