Macro-économie / Taux / OCDE / Laurence Boone / croissance mondiale
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OCDE / Laurence Boone / croissance mondiale
L’OCDE s’inquiète du profil de la reprise mondiale
L’économie mondiale file un mauvais coton. Si elle a laissé ses prévisions de croissance du Produit intérieur brut (PIB) mondial quasiment inchangées, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) fait montre d’une certaine inquiétude quant au profil du rebond. Alors que l’organisation basée à Paris anticipe désormais une croissance du PIB mondial de 5,6 % cette année et de 4,5 % l’an prochain – contre 5,7 % et 4,5 % dans ses prévisions de septembre -, Laurence Boone, cheffe économiste de l’institution, explique que "des déséquilibres frappants sont apparus".
Ce sont plus particulièrement trois déséquilibres qui font l’objet d’un certain émoi. "Premièrement, la reprise varie fortement d'un pays à l'autre, reflétant les conditions sanitaires nationales, le dosage des politiques macroéconomiques et la composition sectorielle de chaque économie", indique la cheffe économiste. Tandis que la richesse nationale par tête des économies avancées devrait dépasser sa trajectoire pré-pandémique fin 2023, celle des pays émergents et des économies à faible revenu devraient rester entre 2 et 4 % en dessous, prévoit l’OCDE.
Par ailleurs, "de graves pénuries de main-d'œuvre apparaissent dans certains secteurs, même si l'emploi et les heures travaillées ne se sont pas encore totalement redressés", avance Laurence Boone. Au sein des pays de l'OCDE, plus de sept millions d’emplois n’avaient toujours pas été recouvrés au troisième trimestre 2021 par rapport à la période d’avant-crise. "Même dans les économies où le nombre de personnes au travail à la mi-2021 était proche ou même supérieur à son niveau d'avant la pandémie, le nombre total d'heures travaillées restait souvent inférieur à celui de la fin 2019", précise l’OCDE dans son rapport.
Enfin, "un fossé persistant entre l'offre et la demande de certains biens, ainsi que la hausse des prix des denrées alimentaires et de l'énergie, ont entraîné des augmentations de prix plus importantes et plus durables que prévu", conclut Laurence Boone, qui juge que l’ensemble de ces déséquilibres sont source d'incertitude et d'aléas "plus importants à la baisse qu'à la hausse".
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