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Le FMI voit la lumière au bout du tunnel
"Un an après le début de la pandémie de COVID-19, la communauté mondiale est toujours confrontée à des tensions sociales et économiques extrêmes, alors que le bilan humain s'alourdit et que des millions de personnes restent sans emploi", déclare Gita Gopinath, cheffe économiste du Fonds monétaire international (FMI). Ce triste constat n’empêche pas le FMI de revoir à la hausse ses prévisions de croissance pour l’économie mondiale. En effet, alors qu’il y a trois mois, l’institution de Washington s’attendait à une progression de 5,5 % du Produit intérieur brut (PIB) mondial en 2021 et de 4 % en 2022, elle escompte désormais une augmentation de 6 % cette année et 4,4 % l’année prochaine, contre respectivement 5,5 % et 4,2 % dans ses prévisions de janvier.
Gita Gopinath avance ainsi qu’"une issue à cette crise sanitaire et économique est de plus en plus visible". Deux raisons expliquent ce regain d’optimisme. D’une part, la cheffe économiste du Fonds met en avant "l'ingéniosité de la communauté scientifique", qui va permettre à des centaines de millions de personnes d’être vaccinées, ce qui devrait favoriser la reprise dans de nombreux pays dans le courant de l'année. Au 4 avril, 4,8 % de la population mondiale avait reçu au moins une dose de vaccin. D’autre part, "les économies continuent également de s'adapter à de nouvelles méthodes de travail malgré une mobilité réduite, ce qui se traduit par un rebond plus fort que prévu dans toutes les régions", a expliqué Gita Gopinath.
Sans surprise, ce sont les États-Unis qui voient leur croissance être le plus revue à la hausse. Le plan de relance de Joe Biden de 1 900 milliards de dollars ainsi que la dynamique de la campagne de vaccination n’y sont pas étrangers. Le Fonds anticipe que l’économie de l’Oncle Sam devrait croître de 6,5 % en 2021 (contre 5,1 % dans ses dernières prévisions) et de 3,5 % l’année prochaine (soit 1 point de plus que précédemment). Par ailleurs, la zone euro pourrait connaître une croissance de 4,4 % cette année et 3,8 % en 2022. Du côté de l’Asie, le PIB chinois augmenterait de 8,4 % en 2021 et de 5,6 % en 2022 quand l’économie nippone verrait sa croissance atteindre 3,3 % en 2021 et 2,5 % en 2022. "Les États-Unis sont ainsi la seule grande économie à dépasser le niveau de PIB qu'elle devait avoir en 2022 en l'absence de cette pandémie", relève Gita Gopinath.
À noter que la reprise fulgurante des États-Unis pourrait présenter des risques financiers si les taux d'intérêt aux États-Unis augmentent encore de manière inattendue, en ce sens que, cela pourrait entraîner une dégringolade des actifs ayant une valorisation élevée, un resserrement brutal des conditions financières et une détérioration des perspectives de reprise, en particulier pour certains marchés émergents et économies en développement fortement endettés, prévient Gita Gopinath. Pour rappel, depuis le début de l'année, le taux d'intérêt des États-Unis à 10 ans a augmenté d'environ 80 points de base et se situe à 1,69 %.
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