Macro-économie / Taux / Larry Summers / Olivier Blanchard / Gita Gopinath / Inflation
Macro-économie / Taux
Larry Summers / Olivier Blanchard / Gita Gopinath / Inflation
États-Unis : le FMI n’est pas inquiet concernant l’inflation
Début février, Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton, estimait que le plan de relance de Joe Biden de 1.900 milliards de dollars pourrait générer "des pressions inflationnistes non observées depuis une génération". En effet, selon lui, le Produit intérieur brut (PIB) américain serait poussé bien au-delà de son potentiel avec ce plan qui équivaut à 9 points de richesse nationale. Larry Summers a été rejoint peu après par Olivier Blanchard, professeur émérite au MIT et ancien chef économiste du Fonds monétaire international (FMI), qui juge, lui, que sous certaines hypothèses afférentes à la relance budgétaire (effet multiplicateur de 1, donc 1 dollar dépensé mènerait à un 1 dollar de PIB supplémentaire) et à l’excédent d’épargne engrangé par les ménages américains (du fait de la crise), le PIB pourrait être supérieur de 14% à son potentiel quand le record était de 6% depuis 1950.
Si bien que le Français avance que, "cela conduirait le chômage très près de zéro. Il ne s’agirait pas d’une surchauffe mais d’un début d’incendie". D’autres, comme Paul Krugman, prix Nobel d’économie 2008, n’écartent pas le risque de surchauffe mais suggèrent que, "dans une guerre, mieux vaut plus de munitions que pas assez".
Et c’est au tour du FMI d’entrer dans la danse par l’intermédiaire de Gita Gopinath, sa cheffe économiste. "Ce que l’on a observé durant les quatre dernières décennies rend peu probable, même avec le soutien budgétaire proposé, que les États-Unis connaissent une montée en flèche des pressions sur les prix qui pousseraient constamment l'inflation bien au-delà de l'objectif de 2 % de la Fed. Malgré les fortes variations du taux de chômage américain, qui est passé de 10 % en 2009 à 3,5 % en 2019, l'inflation est restée remarquablement stable, même si les salaires ont augmenté", rappelle Gita Gopinath. La cheffe économiste du FMI donne trois raisons au découplage auquel on assiste entre activité économique et inflation. "L'un de ces facteurs est la mondialisation qui a limité l'inflation des biens échangés et même de certains services", explique-t-elle. Par ailleurs, elle évoque l'automatisation qui, "associée à la baisse relative du prix des biens d'équipement, a largement empêché la répercussion des salaires plus élevés sur les prix".
Aussi, la cheffe économiste précise que, "selon nos estimations préliminaires, le train de mesures proposé par les États-Unis […] augmenterait le PIB américain de 5 à 6 % en trois ans. L'inflation, mesurée par l'indice préféré de la Réserve fédérale américaine, atteindrait environ 2,25 % en 2022, ce qui n'a rien d'inquiétant et, de fait, contribuerait à soutenir la réalisation des objectifs définis dans le cadre politique de la Fed". En effet, rappelons que dans le cadre de son nouveau mandat, la Fed, vise désormais un taux d’inflation de 2% en moyenne au cours du temps. Compte tenu du fait que ces dernières années l’inflation fut inférieure à 2%, il serait bienvenu pour la Fed qu’elle dépasse ce seuil pendant un certain temps.
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