Macro-économie / Taux / PIB / croissance mondiale / covid-19
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Une croissance économique inégale dans le temps et l’espace en 2021
Le début de l’année 2021 ne sera pas des plus réjouissants. C’est en tout cas ce qu’a affirmé Raphaël Gallardo, chef économiste de Carmignac, durant la conférence annuelle de la maison de gestion parisienne. "Le premier trimestre 2021 sera laborieux, ce sera un peu comme un cinquième trimestre 2020, car la plupart des pays du monde seront encore dans une lutte acharnée contre le virus", prévoit-il. Deux éléments pourraient faire de cette performance "laborieuse", un désastre.
Évidemment, il y a l’apparition de nouveaux variants que certains spécialistes estiment plus virulents que la souche originelle. La croissance des contaminations pourrait ainsi accélérer et la vaccination voir son efficacité amoindrie, même si tout cela mérite encore d’être mieux démontré surtout concernant le deuxième point. Le second risque qu’il faudra surveiller selon le chef économiste est une dégradation de la dynamique de la campagne de vaccination pour des raisons logistiques. Passé ce premier trimestre compliqué, Carmignac s’attend à un vif rebond de la croissance pour les deuxième et troisième trimestres sous l’effet d’une demande à destination des services jusque-là contrainte qui sera enfin satisfaite, à la suite d’un desserrement des mesures de restriction visant ce secteur.
Au quatrième trimestre, la reprise devrait s’essouffler compte tenu du fait que la poussée de la demande de services ne sera plus aussi puissante. "Une demande insatisfaite à destination des services est bien différente de celle à destination de biens manufacturiers", indique Raphaël Gallardo. En ce sens que, "les consommateurs ne vont pas se rendre chez le coiffeur chaque semaine parce qu’ils n’ont pas pu le faire pendant un certain temps", résume le chef économiste. La reprise sera également freinée par le comportement des taux d’intérêt. Une pentification de la courbe des taux est anticipée par Carmignac au travers d’une hausse des taux d’intérêt à long terme (phénomène que l’on peut déjà observer aux Etats-Unis). De plus, le durcissement des conditions d’accès au crédit devrait aussi se matérialiser en fin d’année, selon la société de gestion.
Et en plus d’être inégale au cours de l’année 2021, la croissance le sera entre les différentes zones économiques du monde. L’une des raisons est évidemment la vitesse à laquelle les économies seront en mesure d’atteindre l’immunité collective via la vaccination. "D’après nos estimations, Israël l’atteindra en cinq mois, les Etats-Unis en dix-sept mois, l’Italie en trois ans et l’Allemagne entre trois et quatre ans", analyse Raphaël Gallardo. Mais il va sans dire qu’au fur et à mesure que les personnes les plus à risques seront vaccinées (et donc feront peser une moindre pression sur les capacités de réanimation), l’économie va reprendre peu à peu ses droits, toutefois, pour qu'elle retrouve la pleine possession de ses moyens, "il y a encore beaucoup de progrès à faire ", constate Raphaël Gallardo.
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