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Covéa se redresse au moment de prendre possession de Partner Re
Covéa se rapproche de sa situation qui était la sienne avant la crise sanitaire. La Société de groupe d’assurance mutuelle (Sgam) regroupant la MAAF, MMA et GMF a témoigné hier d’un fort redressement de ses résultats annuels par rapport à 2020, laissant – quasiment – la crise derrière elle.
Atteignant un record de 19,1 milliards d’euros, son chiffre d’affaires 2021 a ainsi dépassé celui de 2019. Il progresse de près de 15% par rapport à l’exercice 2020. Covéa a également quasiment doublé son résultat net d’une année sur l’autre (838 contre 423 millions d’euros).
Au plus fort de la pandémie, le groupe de mutuelles avait subi les conséquences des difficultés de ses clients face aux mesures de confinement : il a dû faire face à "une sinistralité atypique" et prendre des "mesures de solidarité pour soutenir ses assurés", a indiqué hier la directrice générale finances Maud Petit – ces gestes avaient coûté 440 millions d’euros à la Sgam en 2020.
A l’instar du redressement de l’économie, Covéa a bénéficié l’année dernière d’un regain d’activité commerciale et de la rentabilité de ses activités en IARD (assurances auto, habitation, etc.), sur le marché des professionnels et entreprises, mais aussi la protection juridique, l’assurance santé et la retraite, grâce au boom du plan d’épargne retraite en septembre 2020. La réassurance a également connu un développement important. Le redressement de la rentabilité a conduit à un recul important (de 3,7 points de pourcentage) du ratio combiné, qui repasse sous les 100% (indiquant un retour à une activité rentable) pour s’établir à 97,1%.
Heureusement d’ailleurs, parce que Covéa a souffert d’une décollecte en assurance-vie (de 175 millions d’euros) en raison de la désaffection pour les fonds euros, pénalisés par l’extrême faiblesse des taux d’intérêt en 2021.
Au-delà de son activité, c’est un tout autre chantier qui attend la Sgam : boucler l’acquisition PartnerRe, à laquelle Covéa avait renoncé en mai 2020 en raison des incertitudes liées à la pandémie, vu les montants en jeu (9 milliards de dollars en numéraire). Mais son actionnaire actuel, Exor avait rouvert les discussions en octobre dernier. L’accord a été scellé en décembre, mais avec l’éventualité d’un ajustement du prix. A l’occasion de la publication de ses comptes le mois dernier, le holding de la famille Agnelli a précisé que l’apport serait augmenté de 150 millions de dollars pour Covéa (sachant que PartnerRe versera de son côté à Exor 178 millions), en raison de la valeur des capitaux propres de la cible calculée au 31 décembre 2021.
Cette opération, qui devrait être bouclée à l’été, permet au mutualiste français de se diversifier dans la réassurance, après son échec retentissant à mettre la main sur le français Scor après une bataille homérique, sa première tentative sur PartnerRe en mars 2020, puis une marque d’intérêt – non concrétisée – sur XL Re, filiale du français Axa.
L’acquisition constituera une part importante du plan stratégique 2024 de Covéa, qui en a communiqué les premiers éléments. Il prévoit notamment de mettre l’accent sur la réassurance, donc, ainsi qu’un investissement de 200 millions d’euros dans le numérique (intelligence artificielle, robotisation et risque cyber), tout en maintenant une présence physique dans les territoires. Il fixe également un objectif de 600 000 nouveaux sociétaires. Covéa en revendique actuellement 11,6 millions.
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