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TotalEnergies / Assemblée générale / énergies renouvelables / Russie / ONG
Patrick Pouyanné coupe l’herbe sous le pied des ONG environnementales
L’évènement était prévisible. Alors que des militants climatiques étaient déjà venus perturber l’assemblée générale de BNP Paribas, il y a quinze jours, reprochant à la banque d’avoir participé à un prêt de 8 milliards de dollars accordé à TotalEnergies, le géant pétrolier s’attendait à voir ces mêmes ONG débarquer à sa propre assemblée, ce mardi matin. Ce qui n'a pas manqué d'arriver. Une centaine de membres d’associations pro-climat (Greenpeace, les Amis de la Terre...), munis de pancartes, ont bloqué l’accès de la salle Pleyel, à Paris, aux actionnaires du groupe reprochant à la fois au géant pétrolier sa politique climatique mais aussi le maintien de ses activités en Russie. Le #blocageTotal s’est même rapidement retrouvé à la deuxième place des tendances sur Twitter.
Résultat : le grand rendez-vous annuel a démarré avec quelques minutes de retard et les trois intervenants, Patrick Pouyanné, président-directeur général de TotalEnergies, Jean-Pierre Sbraire, directeur financier du groupe et Marie-Christine Coisne-Roquette, administratrice référente sur la gouvernance du groupe, se sont retrouvés bien seuls, avec les membres du conseil d’administration, face à une salle quasiment vide. Quelques jours plus tôt, les fonds Ofi AM, Sycomore AM, mais aussi Edmond de Rothschild AM ou la Financière de l’Échiquier, investisseurs intentionnels de TotalEnergies avaient fait savoir, de leur côté, qu’ils voteraient contre le plan climat (résolution numéro 16) proposé par le groupe.
Une capacité portée à plus de 25 gigawatts
Pas de quoi cependant impressionner Patrick Pouyanné, qui, en dirigeant avisé, savait comment prouver la fibre écologique de son entreprise. En effet, plus tôt dans la matinée, TotalEnergies a annoncé la signature d’accords avec Global Infrastructure Partners (GIP) pour l’acquisition de 50% de la société Clearway Energy group, un des cinq plus gros acteurs des énergies renouvelables aux États-Unis, pour un montant d’environ 2,4 milliards de dollars. “Dans le cadre de cette transaction, GIP recevra 1,6 milliard de dollars (1,5 milliard d’euros) en cash et une participation de 50% moins une action dans la filiale de TotalEnergies qui détient 50,6% dans SunPower, société américaine spécialisée dans les panneaux solaires”, précisait le groupe dans un communiqué de presse. Avec cette acquisition, la capacité totale du géant pétrolier dans les énergies renouvelables aux États-Unis est portée à plus de 25 gigawatts (GW) à horizon 2030. “A l’occasion de la publication des résultats du premier trimestre, le conseil d’administration a rappelé que l’allocation du cash-flow supplémentaire servirait à la transformation du groupe. Cette opération illustre bien une accélération dans notre stratégie”, s’est félicité le PDG de TotalEnergies, lors de l’assemblée générale.
Plus d’États-Unis, moins de Russie
Il a en par ailleurs profité pour rappeler les ambitions du groupe Outre-Atlantique. “Je voudrais souligner la forte croissance de la compagnie aux Etats-Unis au cours des cinq dernières années qui s’appuie sur le gaz naturel liquéfié (GNL) et l’électricité renouvelable. Nous sommes devenus l’année dernière le plus gros exportateur de gaz naturel liquéfié américain. De plus, nous souhaitons que les Etats-Unis portent près de 25% de notre ambition de 100 GW dans les renouvelables à horizon 2030, sans compter la croissance de l’entreprise dans l’éolien offshore marin avec les deux premières concessions maritimes obtenues au large de New-York et du New-Jersey et en Caroline du Nord”. De quoi faire taire définitivement à la fois les détracteurs de l’entreprise sur ses positions environnementales mais aussi en Russie. “Cette assemblée générale est l’occasion de confirmer le remodelage géopolitique du portefeuille de la compagnie : Plus d’Etats-Unis et moins de Russie”, a affirmé Patrick Pouyanné. Quant à la fameuse résolution climat, tant contestée depuis des jours, elle a finalement été adoptée à 88,89% des votes de l’assemblée. Un soutien des actionnaires envers la stratégie environnementale du groupe qui reste donc pour le moment sans faille.
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