Macro-économie / Taux / Chine / économie / Zero Covid
Macro-économie / Taux
Chine / économie / Zero Covid
L’économie chinoise se porte un peu moins mal
Pour ce qui est du premier semestre 2022, le pire semble être passé pour la Chine. L’Empire du Milieu a encore vu son activité économique reculer durant le mois de mai, mais dans une ampleur bien moindre qu’en avril, indiquent des données officielles publiées par le Bureau national des statistiques (BNS). L’indice PMI Composite (il regroupe les performances du secteur manufacturier et non-manufacturier) a gagné 5,7 points par rapport à avril : s’établissant à 48,4 points, donc en dessous du seuil de 50 points, l’activité économique chinoise demeure toutefois en territoire de contraction. "Des facteurs tels que la récente situation épidémique et les changements dans la situation internationale ont eu un grand impact sur le fonctionnement de l’économie", explique Zhao Qinghe, statisticien senior au sein du BNS.
Placée sous cloche début avril à cause de la propagation du variant Omicron (un millier de cas par jour sur une ville de 25 millions d’habitants), la capitale économique Shanghai a vu les premiers assouplissements des mesures de restriction se produire dans la seconde partie du mois de mai avec, entre autres, la réouverture graduelle des commerces (la plus grosse partie des restrictions a été levée aujourd’hui). Du côté de Pékin où la sévérité des mesures n’était pas semblable, l’amélioration de la situation épidémique a rendu possible la reprise d’une grande partie des transports dans la ville, tandis que le travail en présentiel est de nouveau autorisé dans certains quartiers depuis quelques jours.
Tant et si bien que c’est logiquement le secteur des services qui a en premier lieu profité de l’assouplissement de la politique zero covid : l’indice PMI du secteur a atteint 47,1 points contre 40 en avril. A noter que, le commerce de détail, le transport ferroviaire, le transport aérien, les services postaux, les télécommunications, les services de radio, de télévision et de transmission par satellite, et les services monétaires et financiers se situent en territoire d'expansion, rapporte l’enquête.
"Les indices PMI pourraient avoir sous-estimé l'ampleur de la reprise ce mois-ci, étant donné que les enquêtes ont été réalisées pour la plupart avant l'assouplissement de la plupart des restrictions à Shanghai. Les données à haute fréquence suggèrent que l'activité des consommateurs en personne s'est améliorée depuis lors ce qui devrait se refléter dans les données en dur attendues dans les semaines à venir", analyse Sheana Yue, économiste chez Capital Economics.
Anticiper un rebond massif ne serait néanmoins guère pertinent, affirme l’économiste, compte tenu des vents contraires que sont l’état de la demande extérieure et l'ampleur moindre de l'assouplissement de politique économique par rapport à 2020. "Même en l'absence de nouvelles mesures de blocage à grande échelle, nous pensons que l'économie chinoise aura du mal à retrouver sa pleine santé", prévoit Sheana Yue.
L'objectif de croissance du gouvernement de 5,5 % du Produit intérieur brut (PIB) pour 2022 est vraisemblablement caduc. Dans ses dernières prévisions, le Fonds monétaire international (FMI) misait sur une progression de 4,4 % de l'activité économique. Selon la banque UBS, la croissance pourrait même se limiter à 3 %.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

