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Crédit Agricole SA / Jérôme Grivet

Le coût du risque sourit à Crédit Agricole SA

Les résultats du deuxième trimestre de l'entité cotée du Crédit Agricole se sont inscrits en forte progression. La baisse du coût du risque et de la poursuite d'une bonne maîtrise de ses charges ont fait mieux que compenser un premier trimestre mitigé.
Philippe Brassac, directeur général de Crédit Agricole SA - Romain GAILLARD/REA
Philippe Brassac, directeur général de Crédit Agricole SA - Romain GAILLARD/REA

"Il n’y a aucune corrélation fondamentale et massive entre les niveaux absolus de taux et la profitabilité des banques". Philippe Brassac, le directeur général de Crédit Agricole SA (CASA) a remis l’église au milieu du village, lors de la conférence téléphonique de présentation des très bons résultats du deuxième trimestre et du premier semestre 2022 de l’établissement. L’environnement économique devenu plus opaque et incertain "n’a en rien gêné le modèle de développement du groupe" a souligné le dirigeant. Un modèle de banque universelle de proximité "qui confère une très grande régularité de performance", a-t-il ajouté.

De fait, les comptes du deuxième trimestre de Crédit Agricole SA ont atteint des niveaux très élevés. Le résultat net sous-jacent s'est hissé à 1,9 milliard d’euros sur le trimestre écoulé, en hausse de 18% par rapport à la même période un an plus tôt. Sur l’ensemble du semestre, ce même résultat s’établit à près de 2,7 milliards d’euros, en progrès de 4,6%. "Au premier trimestre, notre résultat s’était affiché en baisse par rapport à 2021 sous l’effet de provision que nous avions passé au titre du conflit russo-ukrainien", a rappelé Jérôme Grivet, directeur général adjoint de CASA en charge du pôle Pilotage, tout juste nommé directeur général délégué à compter du 1er septembre. Or, "les très bons résultats du deuxième trimestre font plus que compenser cette baisse", a-t-il ajouté. En effet, bien que la situation en Ukraine ne soit pas améliorée, la prudence dont le groupe a fait preuve au premier trimestre a permis de ne pas passer de nouvelles provisions au deuxième, le coût du risque lié au conflit russo-ukrainien s’inscrivant en net recul.


Effet ciseaux positif

 

Ainsi, sur les près de 300 millions d’euros de hausse du résultat net sous-jacent au deuxième trimestre, "200 millions d’euros provienne du résultat brut d’exploitation c’est-à-dire de l’écart entre les revenus et les charges, 50 millions d’euros de la baisse du coût du risque et 50 millions liés aux autres éléments (impôt, résultat des sociétés mises en équivalence ou résultat des activités arrêtées ou en cours de cession)", a schématisé Jérôme Grivet.

Le coût du risque, qui s’élevait à 254 millions d’euros au deuxième trimestre 2021, a été ramené à 203 millions d’euros sur le trimestre écoulé. La baisse est encore plus importante par rapport aux 546 millions d’euros du premier trimestre de cette année, "qui lui avait compris 300 millions de provision au titre de nos expositions sur des contrepartie russes", a rappelé Jérôme Grivet.

Dans le même temps, l’entité cotée du Crédit Agricole a conservé une très bonne maîtrise de ses charges. L'effet ciseaux, qui traduit la différence d’évolution entre les revenus et les coûts, a été positif de 1 point de pourcentage, entre la hausse de 6,2% des revenus et celle de 5,2% des charges. Le coefficient d’exploitation, qui rapporte les charges d'exploitation au produit net bancaire, a continué à diminuer, s’établissant à 56,8% fin juin, en baisse de 1 point de pourcentage par rapport à fin 2021. Cet indicateur "s’inscrit en baisse de 6 points de pourcentage en 6 ans", a indiqué Jérôme Grivet, tout en rappelant que l’objectif n’était "pas de continuer à descendre mais de rester au-dessous de 60%".

 

Acquisitions porteuses

 

S’agissant des revenus, la dynamique a reposé essentiellement sur la croissance organique intrinsèque mais elle a aussi profité des acquisitions qui ont été réalisées l’an dernier de la banque lombarde Credito Valtellinese (Creval) en Italie et du gestionnaire d’actifs Lyxor. Alors que les revenus sous-jacents de CASA ont atteint 6,2 milliards d’euros au deuxième trimestre, en hausse de 6,2% par rapport au deuxième trimestre 2021, grâce à une activité dynamique dans tous les pôles métiers, leur hausse s’est établie à 4,3% sur la période, pro forma de l’intégration de Creval et Lyxor en 2021.

La rentabilité des capitaux propres, mesurée par le RoTE (Return on tangible equity), s’est, elle, établie à 13,9%, en hausse par rapport à au premier semestre 2021 (13,6%), et plus de trois points de pourcentage au-dessus de la moyenne de 10 grandes banques européennes. L’évolution de la position de capital de la banque constitue par ailleurs une bonne surprise. Le ratio de solvabilité Common Equity Tier1 (CET1) s’est établi à 11,3% à fin juin, en hausse de 30 points de base, supérieur aux attentes alors que le groupe avait laissé entendre qu’il restera stable, tandis que certains analystes anticipaient plutôt une légère baisse.

L'ensemble de ces éléments ont été très bien accueillis en Bourse . L’action CASA grimpait jeudi de 5% à 9,6 euros en fin d’après-midi, en tête des plus fortes hausses du CAC, après avoir déjà progressé mercredi de 2%.

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