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Crédit Agricole / Crédit Agricole SA / Banque verte / Creval / Lyxor

Crédit Agricole fait montre d’une prudence extrême

Le choix fait par Crédit Agricole de passer d'importantes provisions sur son exposition à la Russie et à l’Ukraine au premier trimestre a pénalisé ses résultats, malgré une activité par ailleurs bien orientée.
Philippe Brassac, le directeur général de Crédit Agricole SA - Photo by ERIC PIERMONT / AFP
Philippe Brassac, le directeur général de Crédit Agricole SA - Photo by ERIC PIERMONT / AFP

On ne saurait être trop prudent. Les résultats financiers du premier trimestre de Crédit Agricole SA (CASA), l’entité cotée en Bourse du groupe bancaire mutualiste, reflètent un parti pris de précaution. La principale incertitude de la publication résidait dans la politique de provisionnement de la banque dans le contexte du conflit russo-ukrainien. La chute de 47,2% du résultat net de CASA sur les trois premiers mois de l’année, à 552 millions d’euros, a répondu à la question.

La performance, inférieure de 24% au consensus des analystes, découle à la fois du "choix d’un provisionnement prudent des expositions sur la Russie", d’un montant de 389 millions d’euros, et du provisionnement intégral du risque de fonds propres sur l’Ukraine pour 195 millions d'euros, a indiqué la banque. "Sur le plan financier, le groupe a fait un choix de prudence, alors que le niveau de risque avérés demeure faible", a renchéri le directeur général, Philippe Brassac, lors d’une conférence de presse. Ce choix assumé a logiquement fait s’envoler le coût du risque, qui a atteint 741 millions d’euros sur le trimestre écoulé, contre 384 millions d’euros un an plus tôt.  

Solvabilité en baisse

En comparaison, le coût du risque de BNP Paribas a été divisé par près de deux sur la période, tandis que celui de Société Générale, pourtant davantage exposée à la Russie, a augmenté de "seulement" 285 millions d'euros. Conséquence, au vu des résultats meilleurs qu’attendus publiés par ces deux autres grandes banques françaises, "les estimations du consensus sur les résultats de Crédit Agricole SA sont susceptibles de diminuer légèrement", prévient un analyste.

Autre élément moins favorable que chez les deux principaux concurrents, la position en capital. Le ratio de solvabilité réglementaire Common Equity Tier 1 (CET1) de la banque verte s’établissait à 11% à fin mars, en baisse de 0,9 point de pourcentage par rapport au trimestre précédent, à comparer aux 12,4% de BNP Paribas et aux 12,9% de Société Générale. "Cela signifie que les fonds propres excédentaires ont disparu alors qu'il pourrait y avoir de nouveaux vents contraires cette année", pointent les analystes de Jefferies.

L’effet Lyxor

Hors impact des provisionnements liés au conflit russo-ukrainien, l’activité de la banque a toutefois fait preuve de dynamisme. Le produit net bancaire a progressé de 8,1%, à 5,94 milliards d’euros, au-dessus du consensus, qui s’établissait à 5,62 milliards d’euros.

Les revenus de Crédit Agricole SA ont notamment bénéficié des acquisitions réalisées l’an dernier de la banque lombarde Credito Valtellinese (Creval) en Italie et de Lyxor, la filiale de gestion d'actifs de Société Générale. Les revenus du pôle Gestion de l’épargne et Assurances, ont ainsi grimpé de 9,2% par rapport au premier trimestre 2021, intégrant l’effet périmètre de Lyxor, et profitant d’une bonne dynamique de collecte. Dans la banque de proximité, les revenus ont augmenté 10,5%, portés à la fois par l’intégration de Creval et la forte production de crédits chez LCL.

Par ailleurs, la crise ukrainienne n’a pas modifié les intentions de la banque en matière de distribution aux actionnaires. CASA compte toujours leur verser un dividende de 1,05 euro par action au titre de l’exercice 2021, correspondant à un rendement de plus de 10% sur la base du cours de Bourse de la banque, qui a chuté jeudi de 4%, à 9,98 euros.

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