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Entreprises / Actions / Amundi / Valérie Baudson / Gestion d'actifs / ETF / Lyxor

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Amundi / Valérie Baudson / Gestion d'actifs / ETF / Lyxor

Amundi fait mieux que résister / Ses bénéfices font fi de l’aversion au risque

La décollecte du géant de la gestion d’actifs a frôlé les 13 milliards d’euros au troisième trimestre, mais ses résultats ont dépassé les attentes, à la faveur d’une hausse des commissions et des synergies liées à l’intégration de Lyxor.
Le bénéfice net d'Amundi a progressé de 4,7% au 3e trimestre par rapport au 2e -  Rafael Henrique / SOPA Images/ZU
Le bénéfice net d'Amundi a progressé de 4,7% au 3e trimestre par rapport au 2e - Rafael Henrique / SOPA Images/ZU

Tout est relatif. A première vue, le premier gérant d’actifs européen a passé un troisième trimestre difficile. Entre la baisse de 15,3% de son résultat net ajusté, à 282 millions d’euros, celle de 16% de son résultat brut d’exploitation, à 343 millions d’euros, et une décollecte nette de 12,9 milliards d’euros, la filiale du Crédit Agricole a continué de subir des conditions de marchés défavorables.

La décollecte n’est pas surprenante dans un contexte général de remontée de l’aversion au risque et de baisse simultanée des marchés actions et obligataires. Son niveau dépasse cependant les anticipations. Amundi a subi une décollecte de 2,8 milliards d’euros sur les marchés de détail au cours du trimestre écoulé, alors que le consensus des analystes anticipait une décollecte de 2,5 milliards d’euros. Les flux sortants de 1,8 milliard d’euros de la Amundi BoC Wealth Management Company, la société commune avec la Bank of China, ont pesé lourd dans la balance, du fait de l’arrivée à maturité de fonds commercialisés en 2021 et d’un volume d’affaires nouvelles pénalisé par la crise. "Les flux sortants ont également été pires que prévu du côté des investisseurs institutionnels", notent les analystes d’UBS, avec 8,8 milliards d'euros de décollecte contre 4,4 milliards d'euros anticipé par le consensus.

Toutefois, si le groupe a enregistré une décollecte nette importante atteignant 8,1 milliards d’euros sur les produits de trésorerie de la part de la clientèle institutionnelle, l’activité a fait preuve de résilience concernant les actifs moyen long terme, avec une décollecte ramenée à 3,5 milliards d’euros au troisième trimestre, contre 10 milliards d’euros de décollecte au deuxième.

 

Effet ciseaux

 

Dans un contexte défavorable, le montant des encours sous gestion a reculé de façon limitée. A 1,895 milliard d’euros à fin septembre, en baisse de de 1,5% par rapport à fin juin, les actifs sous gestion progressent encore de 4,7% sur neuf mois. Surtout, cela n’a pas empêché la filiale du Crédit Agricole dirigée par Valérie Baudson de dégager des résultats meilleurs qu’attendu. Car s’il a nettement reculé sur un an, le résultat net ajusté a augmenté sensiblement par rapport au deuxième trimestre 2022 (4,7%), dépassant les attentes grâce à un effet ciseaux positif entre les commissions nettes de gestion et la bonne maîtrise des charges.

En hausse de 1,9%, les commissions de gestion atteignent 747 millions d’euros, "environ 6% au-dessus du consensus, bénéficiant d’une amélioration du mix clients / produits, d’un effet de change favorable et de revenus non récurrents mais dont le poids est limité et n’explique qu’environ 1% de l’écart par rapport aux attentes", notent les analystes d’Oddo BHF. Dans le même temps, le travail sur les charges d’exploitation a permis de les réduire de 2% sur un an, les ramenant à 415 millions d’euros, conséquence aussi de l’intégration de Lyxor. Depuis son rachat en décembre dernier auprès de Société Générale, l’intégration opérationnelle du leader des ETF a été "achevée avec succès, ce qui permet d’enregistrer les premiers effets des synergies de revenus et de coûts", a souligné Valérie Baudson, la directrice générale.

 

Relais de croissance

 

De quoi permettre au coefficient d'exploitation, qui rapporte les charges d’exploitation au produit net bancaire, de descendre à l’excellent chiffre de 54,7%, bien en-deçà des 57% anticipé par le consensus. "Le coefficient d'exploitation d'Amundi a été favorisé par la réalisation des synergies de revenus et de frais chez Lyxor et par le fait qu'Amundi n'a pas encore ressenti l'impact des pressions inflationnistes sur les coûts", résume UBS.

Le groupe aura besoin de maintenir sa discipline financière alors que l'aversion au risque des investisseurs clients d'Amundi devrait "persister au trimestre suivant tant que les incertitudes macro-économiques perdurent", a prévenu Valérie Baudson. Mais "les relais de croissance sont en marche", assure la dirigeante, le groupe confirmant l’ensemble des objectifs du plan 2025 annoncé en juin. La montée en puissance des synergies avec Lyxor y contribuera certainement. L’objectif (confirmé) est d’atteindre 60 millions d'euros de synergies de coûts en année pleine dès 2024 et 30 millions d’euros de synergies de revenus dès 2025.

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