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Crédit Agricole SA / CASA / Philippe Brassac / Jérôme Grivet / CET1
Crédit Agricole SA contient son coût du risque / La banque affiche toujours l’une des meilleures profitabilités de la place
Les superlatifs sont moins de mise que pour ses grandes concurrentes françaises qui avaient déjà dévoilé leurs comptes trimestriels. Pour autant, la baisse du résultat net du groupe Crédit Agricole et de sa filiale cotée Crédit Agricole SA (CASA) au troisième trimestre ne doit pas masquer un certain nombre d’enseignements positifs.
L’évolution des différents agrégats comptables de la structure de tête du groupe bancaire déçoit visiblement la Bourse, l’action CASA chutant jeudi de 4,5% en milieu d’après-midi, sans surprendre outre mesure les analystes. Comparée à la prévision de 1,22 milliard d’euros du consensus, le résultat net part du groupe de 1,35 milliard d’euros dégagé par CASA au troisième trimestre, en repli de 10%, constitue même une bonne surprise. Ce qui est moins le cas du produit net bancaire, en légère hausse de 0,6%, à 5,56 milliards d'euros, inférieur aux 5,7 milliards d’euros anticipés par le consensus.
Les résultats de CASA apparaissent "corrects, bien que plus légers que ceux de ses deux autres pairs français cotés en Bourse", note un analyste. "Ils manquent de peu les attentes sur les revenus mais les dépassent sur le résultat avant impôt grâce à un coût du risque plus faible que prévu", ajoute-t-il. Le résultat avant impôt de CASA a reculé de 9,2% à 1,91 milliard d’euros, tandis que le coût du risque s’est élevé à 360 millions d’euros, contre 266 millions d’euros un an plus tôt, et 509 millions d’euros attendu par le consensus.
Conditions difficiles
D’ailleurs, à 30 points de base, ce coût du risque sur encours annualisé - calculé sur la base du coût du risque du trimestre multiplié par quatre auquel est rapporté l’encours de début de période du trimestre - "pourrait en première analyse être comparé aux 32 points de base que nous visions avant la crise du Covid", a observé Philippe Brassac, le directeur général de CASA, lors d’une conférence téléphonique, relativisant sa progression.
D’autant plus que ces 30 points de base intègrent les importantes provisions que le groupe avait passées au premier trimestre de cette année, ce qui amène à penser qu’il serait même "probablement plus correct" de dire que CASA se situe à un niveau de coûts du risque "significativement plus bas que celui que nous connaissions dans la période pré-Covid", a ajouté le dirigeant.
Et ce alors que les conditions opérationnelle se sont révélées difficiles pour tout le secteur au cours du trimestre écoulé. La remontée des taux notamment s’est traduite par une hausse des coûts de refinancement. Les marchés actions ont poursuivi leur baisse, entraînant un recul des valorisations dans les activités de gestion d’actifs. Ainsi, alors que "toutes les divisions affichent globalement une stabilité de leur activité, la contraction du résultat brut d’exploitation est principalement liée à la division Gestion de l’Epargne et Assurance qui a souffert sur son activité de Gestion d’Actifs ", notent les analystes d’Invest Securities. Dans ce domaine, Philippe Brassac a toutefois tenu à rappeler que la même période de l’an dernier avait bénéficié de performances extraordinaires qui avaient permis de générer des niveaux de commission très importants, "qui se sont depuis normalisés avec la hausse des taux et la baisse concomitante des marchés financiers".
Croissance ininterrompue depuis 2017
Par ailleurs, "et c’est une caractéristique du groupe et de CASA. Chaque trimestre depuis 2017, nous affichons des revenus qui sont supérieurs à ceux du même trimestre de l’année précédente ", a souligné Jérôme Grivet, le directeur général délégué de Crédit Agricole SA
Si les résultats de la banque verte sont jugés moins convaincants que ceux de ses concurrentes directes, elle conserve de plus un atout majeur avec " la meilleure profitabilité des banques françaises à cet instant" en termes de RoTE (retour sur fonds propres hors incorporels), mesuré à 12,5% sur les neuf premiers mois 2022, tout en affichant une efficacité opérationnelle, mesurée par un coefficient d’exploitation de 58,1%, qui la situe toujours parmi les très bons élèves en Europe.
En termes de solvabilité, Crédit Agricole SA respectait toujours à fin septembre la cible de son plan à moyen terme avec un ratio Common Equity Tier 1 (CET1) de 11%, lui conférant un coussin de 3,1 points de pourcentage par rapport aux exigences prudentielles, tout en bénéficiant du parapluie du groupe Crédit Agricole, dont le ratio CET1 s’établit toujours bien plus haut, à 17,2%.
D’ailleurs, signe fort de l’implication des Caisses régionales dans la stratégie de la structure de tête, la SAS Rue la Boétie, organe de contrôle de Crédit Agricole SA détenu à 100% par les caisses régionales, va racheter jusqu'à 1 milliard d'euros de titres supplémentaires de la banque verte, lui permettant d’augmenter sa participation au capital de CASA, qui est aujourd'hui de 57,1%.
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