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Entreprises / Actions / Crédit Agricole SA / Philippe Brassac / Jérôme Grivet / Indosuez / SAS rue La Boëtie

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Crédit Agricole SA / Philippe Brassac / Jérôme Grivet / Indosuez / SAS rue La Boëtie

Crédit Agricole SA crée triplement la surprise / Indosuez s'apprête à changer de dimension

Les résultats semestriels meilleurs qu’attendu de Crédit Agricole SA ont reçu un très bel accueil en Bourse. D’autant qu’ils se sont accompagnés de la perspective d’achats de titres pour un milliard d’euros au cours des prochains mois. L’activité de gestion de fortune Indosuez s’apprête par ailleurs à réaliser une acquisition transformante.
Philippe Brassac, le directeur général de Crédit Agricole SA -  Photo by JOEL SAGET / AFP
Philippe Brassac, le directeur général de Crédit Agricole SA - Photo by JOEL SAGET / AFP

Un flux d’informations tout à la fois dense et facile à digérer. Non seulement les comptes du premier semestre 2023 de Crédit Agricole SA (CASA) se sont avérés (nettement) supérieurs aux attentes, mais la banque a dévoilé un important projet d’acquisition pour sa filiale de gestion de fortune, tandis que sa maison mère, la SAS rue La Boëtie, prévoit d’acquérir jusqu’à un milliard d’euros de titres en Bourse dans les prochains mois. Autant de nouvelles qui ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd, l’action Crédit Agricole SA bondissant vendredi de 6,1 % à 11,86 euros, en tête des plus fortes hausses du CAC 40.

La dernière des grandes banques françaises à publier ses comptes semestriels est sans doute celle qui a le mieux réussi l’exercice. Tant par la hausse de 15,6 % de ses revenus, qui se sont élevés à 6,3 milliards d’euros au deuxième trimestre, que par celle de 24,7 % de son résultat net, part du groupe, à un peu plus de 2 milliards d’euros sur la même période. En retranchant deux éléments exceptionnels – notamment l’effet de la restructuration des accords avec Stellantis dans le domaine du financement automobile -, le résultat net part du groupe sous-jacent a, lui, progressé de 18 %, à 1,85 milliard d’euros.

 

Effet de surprise

 

Si bien que sur l’ensemble du semestre, le produit net bancaire a augmenté de 14,2 %, à 12,8 milliards d’euros, et le résultat net part du groupe de 48 %, se hissant à près de 3,3 milliards d’euros. Soit des records absolus aussi bien sur le trimestre que sur le semestre, en données publiées ou sous-jacentes, à condition pour ces dernières de retraiter les résultats 2022 avec les nouvelles normes comptables IFRS17 désormais en vigueur.

L’effet de surprise est particulièrement réussi. Sur une base sous-jacente, le résultat net du deuxième trimestre dépasse de 33 % les attentes du consensus des analystes, tandis que les revenus sont supérieurs de 7 % aux anticipations. "Toutes les divisions clés ont surperformé, avec de très bonnes performances dans le crédit à la consommation, la banque d’investissement et les activités de détail ", observent les analystes de Keefe, Bruyette & Woods.

 

Effet ciseau

 

Tandis que les revenus de la banque enregistraient des hausses marquées, "nos charges ont été plutôt bien maîtrisées aux alentours de 5 % dans le contexte inflationniste qui caractérise encore l’économie européenne et française, ce qui nous permet de préserver ce fameux effet ciseau positif ", a souligné lors d’une conférence téléphonique Jérôme Grivet, directeur général délégué de CASA. Le coefficient d’exploitation de l’entité cotée du groupe, qui rapporte l’ensemble des coûts de structure au produit net bancaire, est ainsi tombé à 50,6 % au deuxième trimestre.

Seul (léger) bémol, le ratio de solvabilité Common Equity Tier1 (CET1) de 11,6 % s’avère 10 points de base en dessous du consensus. "Les bénéfices plus importants que prévu ont été compensés par une croissance des actifs à risques pondérés [également] plus élevée que prévu", notent les analystes d’UBS. Sans qu’il y ait matière à inquiétude, cette progression des actifs à risques pondérés étant essentiellement liée à la réorganisation des activités Mobilité du pôle Services Financiers Spécialisés.



Un investisseur avisé

 

En marge des résultats semestriels, l’annonce de la signature d’un accord en vue d’une prise de participation majoritaire dans la banque belge Degroof Petercam, a aussi créé l’événement. L’opération, qui serait réalisée par CASA au travers de l’activité de gestion de fortune Indosuez Wealth Management, lui permettrait de détenir 80 % d’un groupe dont le total des actifs s’élevait à 71 milliards d’euros fin 2022. "Grosso modo, Degroof Petercam représente la moitié de ce qu’est déjà Indosuez. Si l’opération se réalise, elle permettra une croissance de notre pôle de 50 % ", a indiqué à ce sujet Philippe Brassac le directeur général de CASA lors de la conférence téléphonique.

Quant à la décision annoncée par la SAS Rue La Boétie d’acquérir d’ici la fin du premier semestre 2024 jusqu’à un milliard d’euros de titres CASA, il s’agit de la deuxième opération du genre de sa part après celle annoncée en novembre dernier. Il faut y voir l’acte d’"un investisseur avisé", estime le dirigeant, sans intention cachée (comme préparer par exemple une sortie de la cote). La holding a confirmé qu’elle n’avait pas l’intention d’accroître sa participation au-delà de 65 % du capital de CASA.

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