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Macro-économie / Taux / Alexandre Bompard / Inflation / Medef / REF

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Alexandre Bompard / Inflation / Medef / REF

REF 2022 : l'inflation s'installe, le plein-emploi pas encore

Après des mois à se voiler la face sur le caractère transitoire de l'inflation, tous les acteurs économiques hexagonaux considèrent ce phénomène comme durable. Il essayent tant bien que mal de proposer des solutions pour favoriser l'emploi. 
Ministre, syndicaliste et grand patron ont discuté d'inflation et de plein emploi. Eric TSCHAEN/REA
Ministre, syndicaliste et grand patron ont discuté d'inflation et de plein emploi. Eric TSCHAEN/REA

Le sujet de l'inflation est sur toutes les lèvres ces derniers mois et ne pouvait ainsi pas être ne pas être abordé lors des Rencontres des entrepreneurs français (Ref) organisée par le Medef.

Un panel d'invités en tout genre allant du syndicaliste au grand patron en passant une parlementaire et un ministre a donc disserté pendant une petite heure sur le sujet. Force est de constater que le caractère durable du phénomène semble entériné, à l'image de Alexandre Bompard, patron de Carrefour, qui estime "que cette inflation n'est pas transitoire. Il ne faut pas avoir de débat sans fin sur quand est ce que sera le pic. L'inflation elle est là, elle est durable,il n'y a pas de retour à la durable demain.

 

L'inflation s'installe

 

Un constat partagé unanimement que ce soit par Nicolas Théry, président du Crédit mutuel, qui estime qu'il n'y a "pas de doute sur la durabilité, notamment car les effets de second tour sont là". Nous serions en train de vivre un changement de régime d'inflation, il ne croit pas de fait "à l'inflation structurelle à 2 %. Je pense qu'on va avoir une inflation structurelle qui sera probablement à 3 %." Quand à la député socialiste Valérie Rabault, elle confie qu'il "y a une inflation qui découle d'autre chose que l'énergie", ce qu'Olivier Dussopt, ministre du Travail, explique par "une phase où cette inflation exogène s'auto-alimente".

Ce qui limite à ses yeux la marge de manœuvre du gouvernement qui "ne souhaite pas encourager de spirale salaire et prix". Si le ministre se félicite des mesures prises "pour revaloriser le pouvoir d'achat sans nuire à la compétitivité des entreprises", il estime qu’aujourd’hui la principale interrogation face à cette inflation persistante réside dans la répartition des efforts entre l'État, les ménages et les entreprises. 

 

Le plein-emploi n'est pas une gageure

 

Le ministre du Travail explique en effet qu'un plein emploi "compatible avec une politique lutte contre l'inflation ", dépend des politiques publiques mais aussi d'enjeux partagés. D'ailleurs pour lui "une large part du chemin a été faite" et il reste 1 million d'emploi à créer d'ici 2027. Pour ce faire, malgré le contexte difficile lié à la hausse des prix, lui et sa majorité  sont "convaincus que des règles incitatives doivent être mises en place" puisqu'il lui apparaît "insupportable d'être à 7.4 % de chômage et d'avoir des difficultés de recrutement".

 

Réinventer la solidarité

 

Plusieurs mesures ont été proposées afin d'imaginer des nouveaux mécanismes protégeant les plus démunis ; Valérie Rabault imagine un "prélèvement à la source dans l'autre sens en ciblant la classe moyenne" et en l'aidant. Si Alexandre Bompard souligne que "le gouvernement nous soutient depuis deux ans" et qu'il "aurait mauvaise grâce de ne pas le reconnaître", il n'en estime pas moins que c'est grâce à une "convergence d'actions entre ce que fait le gouvernement sur le pouvoir d'achat et ce que fait la grande distribution" que l'Hexagone pourra s'en sortir.  

Une volonté d'imagination collective que le président du Crédit mutuel partage en voulant "redéfinir les données de la solidarité" via la négociation collective si chère aux syndicats. Débattre de réformes structurelles, de formation professionnelles ou d'aides conjoncturelles ne doit pas faire perdre de vue qu'à ses yeux la France possède encore aujourd'hui de nombreux atouts. Parmi eux se situe l'injection de huit milliards d'euros de pouvoir d'achat via le taux du livret A couplée à des crédits immobiliers disponibles à des taux deux fois inférieur à l'Allemagne, indique Nicolas Théry.

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