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LaREF 2024 : pour Patrick Martin, remettre en cause la politique de l’offre se paiera « cash » / Un programme LFI aux effets jugés ravageurs
Timing idéal pour faire valoir ses revendications. Alors que le président de la République, Emmanuel Macron, n’a plus d’autres choix que de nommer un nouveau Premier ministre, près deux mois après le résultat des élections législatives anticipées et la fin de la trêve Olympique réclamée, le Medef organise à compter de ce lundi la 6e édition de la Rencontre des Entrepreneurs de France (la REF). L’occasion pour son président, Patrick Martin, de rappeler les priorités du monde économique. "La France ne peut se mettre au point mort, encore moins en marche arrière. Notre pouvoir (thème de la REF 2024, ndlr), notre devoir face à tant d’inconnues, de défis et d’opportunités en France et dans le monde est de tracer une voie", a-t-il prévenu devant un parterre de dirigeants à l’Hippodrome ParisLonchamp. "Notre pays a besoin d’une vision stratégique la plus largement partagée", a-t-il défendu en présence dans les tribunes du ministre démissionnaire de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, qui, une fois n’est pas coutume n’a pas pu profiter de la grand-messe annuelle du patronat pour effectuer sa rentrée politique.
Un signal terrible pour les marchés
Une présence d’ailleurs chaleureusement remerciée par Patrick Martin qui n’a pas manqué de féliciter " le courage des gouvernants sur la fiscalité depuis 2017", tout en regrettant néanmoins la suspension du décret sur l’assurance chômage par ce même gouvernement au début du mois de juillet. Il faut dire que le monde économique est inquiet. Et à écouter le patron des patrons, c’est plus précisément le programme de la France Insoumise qui concentre toutes les peurs. Et Patrick Martin de détailler les propositions qui lui semblent "inappropriées, voire dangereuses". "Porter la dépense publique de 57 à 65 % du PIB ne ferait qu’aggraver les maux de la France. Abroger la réforme des retraites serait dangereux alors qu’il est déjà établi qu’elle ne suffira pas à équilibrer durablement nos régimes par répartition. Cela serait un signal terrible pour les marchés et donc pour les conditions de financement des ménages et des entreprises autant que pour l’Etat lui-même", a déclaré le président du Medef pour qui, également, "revenir sur la fiscalité du capital serait une autre décision redoutable alors que ce n’est pas le moment de dissuader l’investissement en capital et de fragiliser les entreprises familiales en taxant la détention ou la transmission des actions", a-t-il alerté.
Une doctrine économique proposée dans les prochains mois
Pour Patrick Martin, c’est simple : répondre au sujet du pouvoir d’achat des salariés modestes par une revalorisation massive du SMIC à la charge des entreprises, comme le réclame une partie de l’hémicycle de l’assemblée nationale, signifierait une érosion des rentabilités, une destruction des emplois, un écrasement des grilles salariales et une perte de compétitivité. "Les effets seraient ravageurs et prétendre compenser ses surcoûts par des prêts publics aux TPE-PME serait nous prendre pour des ‘gogos’", s’est exprimé le président du Medef, assurant que "la remise en cause ou la suspension de la politique de l’offre ne pourra qu’accélérer le déclassement de la France et se paiera ‘cash’".
Selon lui, d’autres solutions comme, par exemple, réaffirmer l’autonomie et la responsabilité des partenaires sociaux. "Nous avons décidé de construire un front économique sur la base de travaux menés par des chefs d’entreprise, des économistes, etc.. Nous produirons dans les prochains moins un corps de doctrine, une vision étayée et globale de ce qu’est la réalité du monde et de ce qu’apporte l’économie de marché", a annoncé le président du Medef. Dans l’esprit de Patrick Martin, se trouvent aussi le sujet du financement de la protection sociale quand " 368 euros de charges sociales sont supportés par les salariés au SMIC", la relance de l’Union des marchés de capitaux, la création de fonds de pension ou encore l’orientation de l’épargne vers l’entreprise.
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