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La Banque de France veut garder le rythme sur les cryptoactifs
Un véritable plaidoyer pour une régulation concertée et rapide des cryptoactifs. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, n'a pas dévié de son discours devant ses "pairs les plus éminents des banques centrales" qu'il avait réunis pour l'occasion dans le cadre prestigieux du Louvre. Au sein de ce lieu empreint d'histoire, il s'est démontré attaché à garder le contrôle des évènements affectant la stabilité financière.
Réconcilier
Habitué à concilier le secteur privé et celui du public, l'ancien directeur général délégué de BNP Paribas estime qu'une des plus grandes incompréhensions du moment consiste à opposer les deux protagonistes sur le sujet. Il a tenté de donner des gages à sa nombreuse assistance en martelant que "l'action des banques centrales ne réussira qu'avec vous, pas contre vous".
C'est notamment sur le terrain de l'innovation qu'il attend que les deux parties avancent, en profitant de la stabilité financière amenée par le secteur privé. Cette dernière étant nécessaire aux yeux du gouverneur pour créer "la confiance, qui est un impératif pour l'innovation".
Pas perdre le rythme
La conjoncture économique difficile pourrait inciter à repousser à plus tard les problèmes de la finance décentralisée. Les différents banquiers centraux présents ont tous acquiescé aux propos du gouverneur réclamant de ne pas ralentir la cadence, que ce soit Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine, Christine Lagarde, président de la Banque centrale européenne, Ravi Menon, président de l'Autorité monétaire de Singapour ou encore Agustin Carstens, directeur général de la Banque des règlements internationaux (BIS).
Une voix commune chère aux yeux de François Villeroy de Galhau, qui, s’il se félicite que l'Europe soit pionnière tant dans l'innovation que la régulation, estime qu'il y a un danger à ce que "d'autres grandes juridictions sont moins avancées dans un processus similaire. Nous devons être extrêmement attentifs pour éviter d'adopter des réglementations divergentes ou contradictoires, ou encore ou de réglementer trop tard."
Trop tard ou trop vite. Ravi Menon a également rappelé qu'il fallait être prudent et ne pas trop "s'exposer à l'excessive exubérance" qui entoure les cryptoactifs. Les seuls actifs qui trouvent aujourd'hui grâce à ses yeux dans l'écosystème actuel sont les stablecoins adossés à des actifs sûrs. Or, ces derniers ne constituent que 10% de l'univers actuel en la matière. Il espère que "la normalisation actuelle exposera d'une part les actifs qui sont prometteurs et ceux qui sont purement spéculatifs".
L'Hexagone veut sa part du gâteau
Depuis son arrivée à la tête de la Banque de France, on ne peut pas dire que le gouverneur ne prenne pas le sujet à cœur. Il a souligné qu'il souhaitait voir l'institution à la fois "accompagner les réformes réglementaires et de jouer un rôle actif d'innovation". Pour preuve, il avance qu'elle utilise la blockchain depuis 2017.
Sur le domaine des Monnaies numériques de banque centrale (Mnbc), quelques mois après avoir achevé le projet Jura mené conjointement avec la Banque de Suisse et la BIS, il a annoncé que lui et ses équipes allaient "lancer une nouvelle série de trois expériences". S’il n'a pas souhaité dévoiler l'objectif exact de ces dernières, il a révélé que "deux d'entre elles se concentrent sur l'amélioration des paiements transfrontaliers en travaillant sur l'interopérabilité entre les Mnbc avec des solutions innovantes" et que la troisième visera "à approfondir les précédentes sur l'utilisation de la monnaie de banque centrale comme actif de règlement sécurisé pour les titres tokenisés, avec d'autres partenaires européens. Elle consiste à émettre et distribuer des obligations tokenisées sur une blockchain". Comme il l'a gentiment fait comprendre à Jerome Powell, le Vieux continent compte désormais ne plus être en pointe uniquement en matière de régulation mais aussi d'innovation.
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