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Accor va céder son siège social en lease-back
Les prédictions de Sébastien Bazin, président-directeur général d’Accor, lors de la présentation des résultats de son groupe pour le deuxième trimestre en juillet dernier, se sont avérées exactes : l’été fut radieux pour le tourisme. A tel point que le géant français de l’hôtellerie vient de relever ses prévisions d’excédent brut d’exploitation (EBE) pour 2022.
Alors que celui-ci était encore attendu, au début de l’été, à 550 millions d’euros pour cette année, il passe désormais à une fourchette située entre 610 et 640 millions d’euros. " Le groupe prévoit, pour son activité de Services aux Propriétaires qui comprend notamment les ventes, le marketing, la distribution et la fidélisation, de revenir à un EBE à l’équilibre au deuxième semestre 2022 ", a fait savoir Accor dans un communiqué de presse publié mercredi soir.
Rappelons que le groupe français a enregistré au cours du premier semestre un chiffre d’affaires en hausse de 97% à 1,725 milliard d’euros (-10% par rapport au premier semestre 2019). La branche HotelServices (redevances de management et franchises) était, certes, en hausse sur un an de 119% à 1,276 milliard d’euros, mais encore inférieure de -12% sur les six premiers mois de 2019. C’est toutefois au cours de ce premier semestre, après deux ans de pandémie, que l’EBE d’Accor était enfin redevenu positif pour s’établir à 205 millions d’euros. Son flux de trésorerie est ainsi passé de -260 millions d’euros à 41 millions d’euros en un an au cours des six premiers mois de l’année.
Et histoire de se renforcer en liquidités, le groupe a, dans le même temps, annoncé être entré en négociations exclusives avec le groupe Valesco (The Valesco Group), gestionnaire immobilier britannique dont les actifs sous gestion s’élèvent à 2 milliards d’euros, pour la vente de son siège social à Paris, la tour Sequana, pour un montant de 465 millions d’euros. Pour mémoire, l’immeuble avait été acquis en 2018 pour plus de 350 millions d’euros.
Si la transaction devrait être conclue d’ici la fin de l’année, c’est surtout une belle opération pour Accor. En effet, elle est assortie d’une clause de "sale and leaseback " de 12 ans. Ce dispositif fiscal, autorisé dans le cadre de la loi de finances pour 2021 pour aider les entreprises à surmonter la crise sanitaire, permet exceptionnellement à une entreprise, dans le cadre d’un contrat de crédit-bail (location), d’étaler le paiement de la plus-value dégagée à la suite de la vente d’un bien sur une période ne pouvant excéder 15 ans.
Un mécanisme qui présente certains avantages puisqu’il offre la possibilité de récupérer du cash très rapidement en cédant un local industriel tout en autorisant la déduction des loyers correspondants à la location du résultat imposable de l’entreprise. Cette astuce permet donc de se financer sans passer par l’emprunt et évite également d’avoir un endettement au passif du bilan comptable.
Un dispositif qui correspond parfaitement à la stratégie "Asset-light" du groupe Accor, engagée depuis 2014, qui vise notamment à simplifier la structure de son bilan en se concentrant sur la gestion, soit par management soit par franchise des hôtels, plutôt qu’en étant propriétaire des murs.
D’ailleurs, à compter du 1er octobre prochain, l’organisation de l’entreprise française sera structurée en deux divisions : une pour ses marques économiques à premium et une consacrée à ses marques de luxe et de lifestyle.
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