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KKR remporte la bataille pour le groupe April / Le courtier quitte le giron de CVC pour changer de dimension
La deuxième tentative aura été la bonne. Le fonds d’investissement américain KKR, qui avait déjà tenté de mettre la main sur le courtier en assurances April il y a près de quatre ans, est cette fois-ci parvenu à ses fins. Le leader du courtage grossiste en France avec un réseau de 15 000 courtiers partenaires a annoncé vendredi avoir signé avec la firme états-unienne de private equity "un partenariat stratégique de long terme" au terme duquel celle-ci deviendra son actionnaire majoritaire.
Selon plusieurs sources concordantes, KKR, conseillé dans cette opération par la banque conseil Centerview dirigée par Matthieu Pigasse, a livré bataille avec le français PAI et le britannique Cinven sur ce dossier qu’elle a finalement remporté.
KKR prend donc la suite du fonds anglo-saxon CVC Partners, celui-là même qui avait mis la main sur April à l’été 2019 et l’avait retiré de la Bourse l’année d‘après – l’opération avait été retardée par le blocage opposé par l’homme d’affaires Christian Burrus. Le montant de la transaction n’a pas été divulgué, mais il s’élèverait à 2,3 milliards d’euros selon les mêmes sources, soit 2,5 fois plus que les 900 millions d’euros payés à l’époque par CVC. Une gageure dans un marché des M&A où les grandes transactions ne peuvent plus compter sur un financement bancaire qui a quasiment disparu depuis plusieurs mois.
Mais une opération justement dans les cordes de KKR, focalisé sur les transactions de grande envergure, et qui déploie différents fonds de dette privée en France comme l’European Fund V (abondé à hauteur de 5,8 milliards d’euros), le Healthcare Strategic Growth Fund II (4 milliards d’euros), le Next Generation Technology Growth Fund II (2 milliards d’euros) ou encore le Global Impact Fund (1,2 milliard d’euros).
L’inflation sur le prix de vente d’April vient valoriser le travail important mené au cours de ces dernières années sur le modèle économique de l’entreprise fondée il y a 35 ans par Bruno Rousset. Sous la houlette de son président, Eric Maumy, qui avait pris la suite d’Emmanuel Morandini en septembre 2019, April s’était en particulier désengagé du portage de risques en se recentrant sur ses activités stratégiques : le courtage, la santé-prévoyance, l’emprunteur, quelques niches dommages (deux-roues, immobilier, plaisance…) et le risque santé à l’international. Des activités coûteuses en fonds propres cédées afin que le groupe se recentre sur son rôle de distributeur.
D’un chiffre d’affaires "cœur" de 500 millions d’euros en 2019, le groupe, qui a connu une croissance organique de 8% l’an dernier, à 544 millions d’euros, révèle avant même la fin de l’année avoir enregistré "une dynamique de croissance à deux chiffres en 2022" et atteint avec plus d’un an d’avance les objectifs qu’il s’était fixé en 2021 dans le cadre de son plan "Spring" à horizon 2023. Un bond en avant réalisé avec l’aide de quelques opérations de croissance externe, comme le rachat en 2020 de la plateforme de comparaison d’assurance Comparadise et celui cet été du CGP Magnacarta, qui lui a permis d’intégrer un nouveau marché, la gestion de patrimoine.
Une trajectoire ascendante à laquelle Eric Maumy souhaite donner plus d’ampleur une fois l’entreprise adossée à KKR. Tout en saluant la "formidable collaboration avec CVC Capital Partners", le dirigeant vise désormais plus haut, souhaitant faire du groupe déjà présent dans 16 pays "un champion français d’envergure mondiale".
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