Fusions, Acquisitions / Centerview / Matthieu Pigasse / fusions-acquisitions / M&A / CAC 40
Fusions, Acquisitions
Centerview / Matthieu Pigasse / fusions-acquisitions / M&A / CAC 40
L’essor de Centerview Paris ne ralentit pas / Le M&A des grandes entreprises demeure très actif
Une ascension menée tambour battant, inédite dans le milieu des fusions-acquisitions. Il n'y a pas de précédent à ce qui a été accompli en deux ans et demi par le bureau parisien de la banque d’affaires américaine Centerview. Ou plutôt de la banque conseil. Car à la différence d’une banque d’affaires qui "cherche à faire des affaires pour nourrir son cours de bourse, une banque conseil n’a pas cette pression du marché, nous sommes nos propres actionnaires", explique à WanSquare Matthieu Pigasse, qui dirige le bureau. Le banquier le plus connu de France s’exprime évidemment en connaissance de cause pour avoir été à la tête de la banque Lazard pendant quinze ans (et l’avoir introduite en Bourse).
Matthieu Pigasse et ses équipes déménageront bientôt. Les effectifs d’un peu plus de quarante banquiers aujourd’hui, dont quatre associés depuis la récente arrivée de Yann Krychowski, emménageront dans un hôtel particulier au 51 avenue Hoche d’ici quelques mois. "On le récupère au printemps", confie Matthieu Pigasse. Un changement logistique qui "montre la dynamique qui est la nôtre", souligne le dirigeant, pour qui l’aventure Centerview Paris avait débuté dans les locaux de Radio Nova près de la porte de Saint-Ouen. Des débuts à trois, avec Nicolas Constant et Pierre Pasqual, en plein confinement, en avril 2020, avant même leur emménagement au siège actuel situé avenue Matignon, dans les locaux du cabinet d’avocats Gibson Dunn. Le déménagement avenue Hoche va ainsi refléter le changement de dimension du bureau depuis le trio du départ, avec des effectifs qui "seront probablement d'une cinquantaine d’ici l’été prochain", indique Matthieu Pigasse.
"From scratch"
Le fait d’être son propre actionnaire "change tout, cela conduit à une efficacité et une productivité sans commune mesure avec celles de nos amis et concurrents", souligne-t-il. Partant d’une institution créée ex-nihilo dans l’Hexagone, Centerview Paris a pris une position de premier plan sur les marchés français et italien des fusions-acquisitions, "au rythme quasiment d’une transaction par mois". Depuis le lancement du bureau de Paris, celui-ci a conseillé plus de 25 transactions pour plus de 50 milliards d’euros.
Au moment de commenter ce parcours, le banquier "apprécie énormément l’idée d’être parti ‘from scratch’, sans aucune lourdeur de structure héritée de l’histoire". Mais en s’aidant toutefois de la franchise de Centerview, née en 2006 aux Etats-Unis et qui dispose également d'un bureau à Londres. "Cela compte évidemment. Vous ne pouvez pas servir un client global si vous n’êtes pas vous-même un minimum global alors que ces entreprise clientes visent notamment le marché américain", reconnaît-il.
C’est notamment le cas dans le secteur de la pharmacie et des biotechnologies. De cette façon, Centerview a pu conseiller Sanofi pour les acquisitions de Kadmon et Translate Bio l’an dernier, en liaison étroite avec l’équipe américaine. Même chose dans la mode, les cosmétiques ou le luxe, avec bien sûr la vente de Tiffany à LVMH. Parmi les derniers deals ? La cession le mois dernier de la filiale énergie GreenYellow de Casino au fonds Ardian pour 600 millions d’euros. Auparavant, Centerview avait été aussi partie prenante dans la cession d’une partie de la société commerciale de la Ligue de football professionnel au fonds CVC pour 1,5 milliard d’euros.
La totalité du CAC 40
Comme sa maison mère, Centerview Paris est focalisé sur les transactions de grande taille ou complexes dans leur exécution. Et l'arrêt - temporaire - du marché du private equity, en raison de la baisse des valorisations combinée à la hausse des coûts de financement - qui pénalise forcément les taux de rendement internes (TRI) - ne gêne pas ses activités. Parce que ses principaux clients sont les grandes entreprises. "Nous parlons à (presque) tout le CAC 40", indique Matthieu Pigasse. Or, celles-ci ne sont pas confrontées aux mêmes problématiques que les fonds, du fait qu’elles disposent le plus souvent de grandes réserves de trésorerie avec peu d’endettement. "Elles disposent donc d’une capacité de financement considérable et peuvent même justement profiter de la baisse des valorisations", explique Matthieu Pigasse.
Certaines vont ainsi juger le moment opportun pour procéder à des réallocations d’actifs et d’activité, se recentrer sur certaines géographies, tandis que d'autres en profitent simplement pour renforcer leurs positions et consolider leur marché. C’est ce qui fait que "dans un marché économique et financier très incertain, le marché du M&A demeure très actif", souligne Matthieu Pigasse. Ce dont le bureau compte bien continuer à profiter alors qu’il conseille activement la moitié des entreprises du CAC 40 en ce moment même, et notamment Thales sur le dossier Atos.
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