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Suez ne dévie pas de sa ligne malgré Veolia
Sous la menace d’être acquis et démantelé par Veolia, Suez entre dans une course de vitesse pour poursuivre le plan de cessions qu’il a prévu dans son plan stratégique Suez 2030. Une manière d’échapper à son prédateur ?
Le groupe de services à l’environnement (traitement des eaux et des déchets) a annoncé ce matin la cession de ses activités de recyclage et de valorisation dans quatre pays d’Europe (Allemagne, Pologne, Pays-Bas et Luxembourg). L’acquéreur est PreZero, la branche environnementale de l’allemand Schwarz (groupe de distribution propriétaire de la chaîne Lidl). Le montant est conséquent : les négociations exclusives se déroulent sur la base d’une valeur d’entreprise de 1,1 milliard d’euros, soit 11 fois l’Ebitda ajusté en 2019 des activités concernées. Les activités en question ont réalisé 1,11 milliard d’euros de chiffre d'affaires.
La transaction se double d’un protocole d’accord concernant le développement de partenariats en matière de gestion des déchets et d’économie circulaire en Europe. Contacté, Suez n’a pas souhaité faire davantage de commentaires sur ces projets, notamment sur l’éventualité qu’ils puissent déboucher sur la création de sociétés communes.
Si la vente allait à son terme (espéré au premier trimestre 2021), Suez indique qu’il aurait atteint "environ 40% de l’objectif de rotation d’actifs" de quatre milliards d’euros, prévu dans le plan Suez 2030, annoncé en octobre 2019. Le groupe a déjà cédé sa participation de 53,5% dans le chilien Essal et celle dans l’australien AquaSure. Et en août, il a signé la vente sa filiale Osis avec… Veolia, qui cherche aujourd’hui à l’avaler.
Julian Waldron, le directeur financier de Suez, a d’ailleurs déclaré ce matin que ce dossier avançait, malgré tout. Mais, selon nos informations, les négociations auraient été gelées une quinzaine de jours suite à l’annonce par Veolia de son intention d’acquérir Suez. Elles auraient finalement récemment redémarré, aucun fondement juridique ne pouvant justifier un tel arrêt alors que l’accord préliminaire a été signé (la situation n’étant évidemment pas comparable à un cas de force majeure ni à un événement pouvant déclencher une clause MAC).
Par ailleurs, la volonté de Suez de poursuivre ses cessions entre, comme il le dit lui-même, dans le cadre de son plan stratégique. Il n’est donc pas assimilable à une défense anti-OPA de type "bijoux de la couronne" (crown jewel), dans laquelle une entreprise sujette à une OPA hostile vend ses plus beaux actifs – en tout cas ceux que convoitent le prédateur – pour décourager ce dernier. Cette pratique est d’ailleurs juridiquement contestable et dans ce cas, l’acquéreur saisit souvent les tribunaux. Mais l’accélération des cessions menées par Suez pourraient tout de même mettre Veolia dans l’embarras, s’il convoitait certaines d’entre elles - ou en tout cas lui faire regretter certaines d'entre elles qui auraient pu rester dans le périmètre post-acquisition.
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